[Sabine] We want Miles : oh yes we do !
27.10.09 mis en ligne par FredC’est toujours un plaisir de partager l’ambiance d’une inauguration. Timing de soirée, petite foule à l’entrée, on sent l’événement et la curiosité de la nouveauté. Le 16 octobre pour l’expo We want Miles, à la cité de la musique, le tout paris était au rendez-vous.
Parler d’un événement culturel est, pour moi, un exercice épineux. Que dire qui ne soit déjà su d’un demi-dieu du jazz ? Que partager qui ne soit ne soit dit, redit et convenu ? Combien en dire quand on n’est pas expert d’un sujet qui compte autant de passionnés ? Alors encore une fois je prends le parti de ma subjectivité.
J’ai déjà pu l’évoquer sur ce blog, je comprends mal comment on peut taxer le jazz d’élitiste. La vie et l’oeuvre de Miles Davis en sont une nouvelle preuve. C’est l’histoire d’un p’tit black fils de bourgeois, encouragé par sa mère à se fondre dans la société américaine dirigée par “les blancs”, qui pourtant choisit comme instrument la trompette -emblématique de sa communauté. De Saint-Louis à New-York en passant par Paris, il deviendra un des plus grands trompettiste de son temps, un artisan du jazz, star incontestée dans le monde entier.
La cité de la musique nous raconte son parcours, ses partenaires mentors et disciples, l’évolution de sa musique,celle du mouvement jazz et son apport à celui-ci. Avec toujours toile de fond le parcours humain de l’artiste, ses femmes, la drogue, le poids de la couleur noire de sa peau et son voeu d’”être blanc”, la soif de reconnaissance et la fierté communautaire.
Le matériel présenté est de grande qualité avec quantité de pièces originales prêtées entre autres par la famille de Miles Davis (qui a pointé son nez et son fort accent amerloque à l’inauguration). Vinyles, partitions, photographies, courriers, films, instruments et bandes son live en fond sonore et en libre écoute font la richesse de cette expo. Mais sa grande valeur ajoutée, c’est selon moi dans sa scénographie qu’elle réside : murs, sols et plafonds noir, itinéraire chronologique (8 étapes thématiques, chacune pour une période de la musique de Miles) dont on peut s’évader librement, alcôves en forme de sourdine pour faire honneur à des temps forts et pièces phares de l’exposition, font de la visite une plongée dans la nuit du jazz. Incontournable.
We want Miles, exposition à la Cité de la Musique , 221 avenue Jean Jaurès, 75019 Paris. (métro Porte de Pantin)
Du mardi au samedi de 12h à 18h, le dimanche de 10h à 18h, nocturne le vendredi jusqu’à 22h.
Le site de l’expo
La billetterie en ligne
Du mardi au samedi de 12h à 18h, le dimanche de 10h à 18h, nocturne le vendredi jusqu’à 22h.
Le site de l’expo
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20 ans après la chute du mur de Berlin, la concorde
26.10.09 mis en ligne par FredJ'ai appris, à mon grand plaisir, que l'on fêtera à Paris pour la première fois l'anniversaire de la chute du Berlin. 20 ans après la chute du mur , le 9 Novembre, sera donné à la place de la concorde un concert. 27 violoncellistes interpréteront les morceaux que Rostropovitch a joué ce jour là.
Ce violoncelliste de génie nous a quitté le 27 avril 2007 à l'age de 80 ans.
Des projections auront lieu pendant 25 minutes sur les façades de la rue Royale entre la place de la concorde et la place de la Madeleine. Ces projections représenteront le mur, la porte de Brandebourg et les événements qui ont déchirés l'Europe jusqu'à la fin du mur de fer. Des choeurs seront installés aux balcons des hôtels de la place.
Les ambassadeurs des 27 pays de l'Union Européenne assisteront en compagnie du premier ministre pendant que Nicolas Sarkozy assistera à la diffusion de l'événement parisien sur Ecran Géant à Berlin en compagnie de la chancelière Angela Merkel.
Pour moi c'est probablement l'événement majeur de la fin du 20 ème siècle. Il est la vraie finalité de la création de l'Europe C'est à dire l'arrêt des guerres en Europe.
La chute du mur de Berlin est un événement pas seulement médiatique, mais surtout historique et populaire.
Elle a été un concours de circonstance et le résultat de la pression du peuple Est-Allemand et de l'effondrement économique de l'union soviétique en partie provoqué par l'affaire Farewell.
En 1989 la Perestroïka (reconstruction) de Gorbatchev a lancé en Europe de l'Est un mouvement d'ouverture historique.Alors qu'un vent de liberté souffle sur l'Europe de l'est, la Pologne puis la Hongrie donnent des signes d'ouverture au peuples souffrant de l'autoritarisme soviétique. L'allemagne de l'est, séparée de sa soeur jumelle depuis la nuit du 12 au 13 Aout 1961 manifeste cette année là au cours des manifestations du lundi à Leipzig le désir d'une démocratie véritable. Du 4 septembre, date de la première manifestation au 4 Novembre de nombreux est-allemands se réunissent chaque semaine à travers toute la RDA et c'est bientôt des centaines de milliers d'allemands qui participent à cet élan populaire qui fut réprimé violemment par la police le 4 octobre 2009 mais qui perdura jusqu'au 9 novembre où une loi autorisant les voyages fut annoncé lors d'une conférence de presse :
Question d'un journaliste : « Quand ceci entre-t-il en vigueur ? »
Les allemands se ruèrent sur le mur pour atteindre l'autre partie et devant l'afflux, le mur tomba. Au sens figuré bien sûr, parce que comme le montrent les images ce ne fut pas simple.
Schabowski, feuilletant ses notes : « Autant que je sache — immédiatement. »28
Pierre Lelouche a eu là une excellente idée et politique et historique.. Probablement un des plus beaux gestes de ce gouvernement à mon avis.
Youtube met également en place pour l'occasion une organisation particulière pour célébrer la liberté d'expression. Une chaine à laquelle vous répondez avec soit l'histoire de ce que vous avez fait pour favoriser la liberté d'expression , soit pour défendre la liberté d'expression d'une personne qui ne pouvait le faire. J'ai bien envie de le faire, même si ce serait un peu de vantardise , voilà une vidéo que j'ai provoqué .. de mes petites main et de ma petite voix .. et même que j'en suis très vachement fier.. mais j'ai fait plus , mais ça suffit comme ça moi je dis ...
Away we go, m'a emmené très haut
23.10.09 mis en ligne par Fred
Pas de violon non mais pas de l'eau de rose non plus, il y a du réaliste et même des sujets tragiques que l'on a tous croisé dans notre entourage. Ce film est tendre et fort, triste et rigolo.. il me fait regretter de n'avoir personne dans ma vie parce que très clairement on aurait faits des petits d'amour ce soir ...
Et puis quelle plaisir de retrouver ces acteurs que j'adore :
John Krasinsky : le Jim Halpert de la version américaine de "The Office". On le retrouve dans un rôle assez similaire un tout petit peu plus loufoque, juste assez pour sentir venir la vanne et adoucir avec un certain charme des situation tendues.
Maya rudolph : Elle m'était inconnue, elle est plus habituée aux émissions de Saturday Night Live, c'est une des meilleurs surprises de ce film.
Allison Janney : La C.J. de The West Wing, dans un personnage tout simplement hilarant qui est bien loin de son rôle de secrétaire d'état de la série "A la maison blanche" .. et c'est un régal !! Sa performance de comédienne est époustouflante.
Maggie Gillenhaal : J'adore cette comédienne !! Elle donne à ces personnages une profondeur et une sincérité rare, ce qui est totalement bluffant compte tenu du caractère totalement ahurissant de ceux-ci. Dans ce film elle ne change rien. et s'applique avec un sérieux déconcertant a proféré les plus fantastiques anneries. J'en suis encore explosé de rire.
Je pourrais vous en dire plus sur la beauté de ce film autant au niveau des images que de la mise en scène. Je pourrais mais j'attend juste que vous me donniez votre avis. donc allez-Y
Plus d'info ici, sortie le 4 Novembre.
P.S: Ah ! Et il y a aussi une déclaration d'amour dans ce film, une belle belle déclaration. <3
ONJ au théâtre marigny, Yael Naim, Irene Jacob, Rokia Traore et Daniel Darc comme un collier de perles
16.10.09 mis en ligne par Fred
Lundi 26 Octobre, à 20h30 au Théatre Marigny.
ça sera une soirée exceptionnelle pour sûr. Mais le miracle viendra du mélange et je ne doute pas, tant je connais le talent de chacun des artistes sur scène, qu'il va se passer quelque choses de magique, d'exceptionnel à cette soirée là.
ça sera une soirée exceptionnelle pour sûr. Mais le miracle viendra du mélange et je ne doute pas, tant je connais le talent de chacun des artistes sur scène, qu'il va se passer quelque choses de magique, d'exceptionnel à cette soirée là.
Commençons par cette petite perle noire, forcément, Rokia Traore..
On ne tombe pas forcément tout de suite amoureux de sa musique. Il y a que l'oreille n'est pas assez exigeante pour comprendre ce qui se trâme dans cette mélodie. Il faut quelque fois, comme pour RadioHead, se laisser prendre , savoir s'abandonner. Le contexte du concert lui ira comme un gant et lui offrira une caisse de résonance exceptionnelle.
Voici une interview faites il y a un bout de temps :
Voici une interview faites il y a un bout de temps :
Yaël Naïm, ensuite, extraordinairement connu par le titre repris pour la pub de Apple "New Soul", va personnellement me rappeler un souvenir exceptionnel avec les seesmiceurs . Il est certain que sa voix pleine de charme se plie parfaitement aux Jazz proposé par l'ONJ sous la direction de Daniel Yvinec qui rend ici hommage à Robert Wyatt.
Daniel Darc ajoute une petite pincée de voix masculine dans cette galerie de belles femmes. je le connais très peu, je vous avoue. J'écoute en ce moment même ce qu'il fait. Cela crée chez moi une certaine curiosité de le voir avec un orchestre.
Je trépigne d'impatience d'aller voir ce spectacle exceptiionnel et unique (encore une fois).. Que vous pourrez visualiser sur qobuz.com.
D'où vient cette enthousiasme ? Pour moi c'est celui de voir ces trois belles femmes, avec un très bel orchestre pour les soutenir, voire pour nous faire nous envoler. Ensuite, il y a ce bonheur technologique de pouvoir le partager en ligne avec qobuz.. Et là je me dis que l'alchimie est quasi parfaite... :) j'ai hâte d'y aller !!!
[Baci] J'ai halluciné devant Creature
9.10.09 mis en ligne par Fred
Bon allez, oui.
Et me voila donc arrivée au musée des arts forains à Paris pour aller écouter un groupe dont j'ignore tout sauf le nom : Creature. 21h30, ça commence. Creature est sur scène. Première note qui sort des instruments de musique. Ma machoire se déboîte : je reste bouche bée devant le tsunami qui s'avance vers moi. Je m'attendais à tout sauf à cette puissance. (Youtube : Who's Hot or Not)
Pour une découverte c'est une découverte. La musique déménage, ils sont hyper investis dans leur concert, très complices aussi. Ils ont l'air assez jeune et pourtant, c'est pas la kermesse ici, c'est super pro.
Le cadre juste superbe ne gâche rien, ils se servent bien des éléments de la scène en forme de colonnes de manège par exemple. Entre deux morceaux, ils nous racontent parfois quelques anecdotes rythmées par leur délicieux accent québécois.
Un vrai concert qui met le sourire, qui fait danser et crier aussi.
Ils sont 4 sur scène : le batteur, la bassiste, le guitariste la qui fait tout mais surtout les claviers. Tout le monde chante mais surtout le guitariste et la touche à tout. Le batteur est définitivement parti dans une dimension parallèle : il joue avec un sourire béat sur le visage, il n'est pas là juste pour nous, il vit son truc à fond. Je le regarde parfois à la limite du fou rire. La bassiste toute lookée communique énormément avec les autres/le public par le regard. Le guitariste fait le beau gosse, saute depuis l'ampli, joue du violon avec sa guitare, nous met en joue avec ses notes, pousse sa voix dans des directions improbables.
On en vient à la déglinguée géniale du lot, la zébulon du groupe.Madame je suis au clavier mais aussi aux percussions et tiens aussi au chant et tant que j'y suis je vais aller danser un peu avec la bassiste et zou sautons partout sur les fly case. Elle a une énergie incroyable.Sur ses bras, il y a ce que je suppose être un pense-bête pour l'ordre des chansons. Sur ses jambes, elle a écrit "I AM A CREATURE" Bon en fait, je pensais soit à ça soit au fait que des créatures ont pris possession de son corps. Je vois pas d'autre explication.
Ils sont 4 sur scène : le batteur, la bassiste, le guitariste la qui fait tout mais surtout les claviers. Tout le monde chante mais surtout le guitariste et la touche à tout. Le batteur est définitivement parti dans une dimension parallèle : il joue avec un sourire béat sur le visage, il n'est pas là juste pour nous, il vit son truc à fond. Je le regarde parfois à la limite du fou rire. La bassiste toute lookée communique énormément avec les autres/le public par le regard. Le guitariste fait le beau gosse, saute depuis l'ampli, joue du violon avec sa guitare, nous met en joue avec ses notes, pousse sa voix dans des directions improbables.
On en vient à la déglinguée géniale du lot, la zébulon du groupe.Madame je suis au clavier mais aussi aux percussions et tiens aussi au chant et tant que j'y suis je vais aller danser un peu avec la bassiste et zou sautons partout sur les fly case. Elle a une énergie incroyable.Sur ses bras, il y a ce que je suppose être un pense-bête pour l'ordre des chansons. Sur ses jambes, elle a écrit "I AM A CREATURE" Bon en fait, je pensais soit à ça soit au fait que des créatures ont pris possession de son corps. Je vois pas d'autre explication.
(Youtube : Pop Culture)
Ces 4 Creature ont tout compris à la scène en tout cas. Il m'arrive régulièrement d'aller écouter des gens dont je ne sais rien en concert, jamais jusque-là on ne m'avait embarquée aussi directement dans un trip si jouissif. Aucun temps mort, pas de temps d'adaptation nécessaire, Creature m'a illico déménagé le cerveau. C'était juste terrible.
Ces 4 Creature ont tout compris à la scène en tout cas. Il m'arrive régulièrement d'aller écouter des gens dont je ne sais rien en concert, jamais jusque-là on ne m'avait embarquée aussi directement dans un trip si jouissif. Aucun temps mort, pas de temps d'adaptation nécessaire, Creature m'a illico déménagé le cerveau. C'était juste terrible.
Myspace : http://www.myspace.com/creaturecreature
[JUB] Mary & Max
26.9.09 mis en ligne par Jub
Par Jub

Quand je suis arrivé dans les locaux de Gaumont, j’ignorais à peu près tout de « Mary & Max ». Après coup, j’ai appris que c’était un de ces films dont « tout le monde parle »,
mais dont personne n’avait jugé pourtant utile de me parler.
« Mary & Max » est un film d’animation.
Et j’imagine que c’est avant tout par cela que « tout le monde » en parle.
Pourtant le prodige que réussit « Mary & Max », c’est de nous faire oublier qu’il s’agit d’un film d’animation.
La technique de réalisation est à la fois secondaire et essentielle.
Rapidement, elle se fait oublier, même si il est évident que ce film n’aurait pas eu le même impact s’il avait été tourné avec de vrais acteurs.
C’est avant tout le film d’une histoire entre deux êtres humains perdus, dans un monde trop confus, et qui en trouve en l’autre l’île qui permet d’avancer.
Max, espèce de Omer Simpson dépressif, et Mary, Mafalda un peu paumée, sont super attachants.
Je n’ai pas quitté la salle sans y laisser quelques larmes d’émotions, saupoudré de mes sourires préférès.
Pas ceux qui revêtent la condescendance de ceux qui savent vivre.
Ceux qui s’habillent de gratitude sincère.
Gratitude pour ce génial Adam Elliot de rappeler comme il est bon d’être humain.
Et comme il est bon de ne pas vouloir/savoir vivre comme tout le monde.
« Mary & Max » ?
Il n’y a pas à réfléchir… Il faut aller le voir… et Vite !
Sortie en salle le 30 Septembre 2009

Quand je suis arrivé dans les locaux de Gaumont, j’ignorais à peu près tout de « Mary & Max ». Après coup, j’ai appris que c’était un de ces films dont « tout le monde parle »,
mais dont personne n’avait jugé pourtant utile de me parler.
« Mary & Max » est un film d’animation.
Et j’imagine que c’est avant tout par cela que « tout le monde » en parle.
Pourtant le prodige que réussit « Mary & Max », c’est de nous faire oublier qu’il s’agit d’un film d’animation.
La technique de réalisation est à la fois secondaire et essentielle.
Rapidement, elle se fait oublier, même si il est évident que ce film n’aurait pas eu le même impact s’il avait été tourné avec de vrais acteurs.
C’est avant tout le film d’une histoire entre deux êtres humains perdus, dans un monde trop confus, et qui en trouve en l’autre l’île qui permet d’avancer.
Max, espèce de Omer Simpson dépressif, et Mary, Mafalda un peu paumée, sont super attachants.
Je n’ai pas quitté la salle sans y laisser quelques larmes d’émotions, saupoudré de mes sourires préférès.
Pas ceux qui revêtent la condescendance de ceux qui savent vivre.
Ceux qui s’habillent de gratitude sincère.
Gratitude pour ce génial Adam Elliot de rappeler comme il est bon d’être humain.
Et comme il est bon de ne pas vouloir/savoir vivre comme tout le monde.
« Mary & Max » ?
Il n’y a pas à réfléchir… Il faut aller le voir… et Vite !
Sortie en salle le 30 Septembre 2009
[ZiKomAgnes] ITV de Clock N' Works
25.9.09 mis en ligne par ZiKomAgnes
Interview de Clock N’ Works - Finalistes 2009 du tremplin rock Emergenza.Maxime, 25 ans, chanteur et guitariste.
Kevin, 22, guitariste et chanteur
Jérôme, 26, bassiste
Nicolas, 23, batteur.
- Vous pouvez me résumer un peu les influences ?
Tous : Ouh là !!
Kevin : Tout de 53 à 79
Nico : Moi c’est Van Gélis, et euh Chopin. Un peu tout pour moi, c’est vrai. Et puis les influences majeures c’est les deux loustics guitaristes.
Maxime : Rolling Stones pour moi
Kevin : AC/DC et Les Beatles
Maxime : Oui, les beatles. Sinon j’ai découvert les Pixies y’a pas très longtemps, j’adore. Un très bon groupe.
Kevin : Kings of Leon
Jérôme : Cake, j’adore Cake
Nico : Les Stuck in the Sound. On les adore, on les as vus au Bataclan.
-
Et alors, comment ça a commencé pour vous ?Maxime : On s’est rencontrés tous les deux y’a deux-trois ans. Je me souviens plus des dates.
Kevin : On a eu envie de monter un groupe et doucement ça a fait son chemin. Et quand on a décidé de le faire, on a trouvé Nico.
Maxime : On a commencé à 3.
Kevin : Et ensuite on a eu un bassiste qui est pas resté longtemps, puis Jérôme est arrivé. Puis le truc s’est vraiment formé y’a un an.
Maxime : On a galéré pour avoir un chanteur aussi puis ensuite un autre chanteur. (soupir)
Kevin : Qui en fait a pris la basse et ensuite s’est barré. (rire)
Nico : Maxime ne chantait pas au début.
Kevin : Et donc il a prit le rôle du chanteur.
Maxime : Moi j’étais juste guitariste et comme y’avait personne, ben, j’ai chanté.
Kevin : Et depuis un an ça se passe bien. On a fait le concours Emergenza et on a gagné. On a finit premier de Emergenza France.
Nico : On avait un peu d’appréhension. Mais ce qui est bien c’est qu’on a pu progresser avec les différentes étapes. Ca nous a permit de travailler toute l’année. Y’a 4 étapes pour arriver à la finale nationale. Ca faisait des challenges sur l’année. Et c’est comme ça qu’on a progressé.
Kevin : Et on a pris conscience qu’il fallait donner l’envergure que le groupe devait avoir, et du coup avoir une attitude beaucoup plus pro : beaucoup plus répéter, beaucoup plus se voir, beaucoup plus composer… Et ce qui a amené à un concert comme ce soir qui était plutôt cool.
Maxime : Plutôt cool, ouais
- C’est un sacré show que vous nous avez fait quand même ! Vous avez-baigné dans le rock depuis que vous êtes nés ?
Kevin : Mon même pas.
Maxime : Je suis né dans le caniveau (tous explosent de rire) Ma mère est toxico, mon père est prostitué. (rires)
Jérôme : C’est ça qui est génial, c’est qu’on a tous des influences un peu différentes : Rock, Blues, plus classique ou moi qui suis plus métal. On arrive à fusionner tout ça et à en faire notre truc.
Maxime : Ce qui est bien c’est qu’on vraiment a notre identité. C’est vraiment notre musique à nous, c’est notre son. Et on est vraiment très content de ça. Je sais pas si j’ai le recul nécessaire, mais j’pense que c’est quelque chose qui est assez nouveau, différent, qui sort un peu du lot.
Kevin : J’ai la prétention de penser que c’est quelque chose qui peut se différencier.
Maxime : Je pense qu’on a trouvé la formule magique entre les quatre personnalités.
Nico : Ce qui est clair c’est qu’on a quatre personnalités bien différentes, bien distinctes, qui arrivent à se retrouver.
- Vous avez aussi un bon niveau derrière.
Kevin : Moi ça fait que deux ans.

Nico : On travaille depuis un an. Et vu que ça marche, plus ou moins à chaque fois, on continue et puis là on va essayer d’en faire notre vie. On va essayer de se donner les chance de le faire.
Maxime : On voit les réactions des gens, du coup on répète dans notre coin. Et quand on joue devant un public, on constate qu’ils aiment, qu’ils en veulent encore. Donc on en rajoute encore plus !
Jérôme : Quand les gens sont avec nous, on est à donf. Et puis on est aussi des bêtes de scènes en même temps (tous éclatent de rire).
- Vous avez retourné la salle ce soir. De quelles rock stars vous vous êtes inspiré ? Vous avez maté quels groupes en vidéo ?
Maxime : Mick Jagger
Kevin : Angus Young
Jérôme : Metallica. Le truc, c’est qu’on a nos influences et notre style de zik permet de développer notre style perso. Et l’interaction avec le public fait qu’on se lâche sur scène.
Kevin : Je ne m’exprime jamais mieux que quand je suis avec ma gratte. C’est paradoxal dans un sens, mais je m’exprime jamais mieux que quand j’ai ma gratte et avec des gens
Maxime : Et quand on est réunis tous les quatre.
Tous : Ouais, c’est clair.
Kevin : C’est beau un groupe qui s’aime.
Maxime : Y’a une fusion entre nous quatre
Jérôme et Kévin : ça donne une super mayonnaise.
Et le nom du groupe, Clock N’ Work, a un quelconque rapport avec Clockwork Orange [titre original d’Orange Mécanique, film de Stanley Kubrick]

Nico : C’est ça principalement.
Maxime : J’adore faire flipper.
Kevin : Le mot d’ordre c’est décadence.
Nico : C’est pas du fabriqué. On a jamais travaillé ce côté-là.
Kevin : Oui c’est naturel chez Maxime
Nico : Il m’a toujours dit, moi mon but dans la vie c’est de montrer mon côté noir sur scène.
Kevin : D’un côté on est très cool, très sympa, très gentil machin, mais une fois qu’on est sur scène … (pause pour effet puis voix machiavélique) Rien ne nous arrête.
Nico : Cette interview est super prétentieuse, je sais pas si vous vous rendez compte.
Maxime : Attend, on sort de scène. Ca s’est bien passé, on avait des défi important à relever, on les a relevés… et puis on est un peu bourrés !
- Et au festival Taubertal Open Air en Allemagne ça s’est passé comment ? [Les finalistes d’Emergenza de chaque pays se retrouvent au Taubertal festival en Bavière]
Maxime : Ah merde ! pourquoi on parle de ça ?

Nico : Alors pour être honnête, en Allemagne, on s’est pris une claque.
Kevin : C’est le genre de claque qui fait qu’on se pose les bonnes questions. Soit on se relève, soit on split. Et nous on a vraiment eu envie de continuer parce qu’on y tient, c’est notre bébé.
Maxime : On a été confrontés à des grands groupes, des groupes très pro.
Kevin : C’est là qu’on s’est rendus compte qu’on avait un pas un rythme de répétition qui était suffisant.
Nico : Ce qui s’est passé c’est qu’en Allemagne, on avait des prétentions de groupe pro sans avoir fait le travail nécessaire. Ca on en a pris conscience. Mais c’est surtout un incident de parcours que cette scène. Mais c’est salvateur parce que ça va nous permettre de…
Jérôme : De nous remettre sur les rails.
Nico : Et de nous remettre à notre place aussi.
Kevin : On s’est pété la gueule, on a décidé d’affronter le truc et de pas être défaitiste.
Jérôme : On nous a reproché que c’était un peu brouillon, un peu casse gueule. Et c’est ce qu’on a bossé pendant un mois et demi.
Nico : On avait une grosse pression, en tous cas la section rythmique pour ce soir. On a multiplié les répètes plus des répètes rythmiques. Et ça commence à porter ses fruits, afin de rattraper le retard qui avait pu être accumulé. C’était notre challenge de ce soir. A un moment donné si ça marche pas, il faut se poser des questions sérieuses. On s’est donné les moyens pendant un mois et demi, donc on est content de ce soir.
Jérôme : Là on est sur des bons rails.
Nico : On va essayer de maintenir ce cap. Enfin non ! (déterminé) On va le faire (rires). Une claque comme ça on veut pas en reprendre d’autre.
- Vous avez des dates :
Tous : Non.
Kevin : A Evreux dans deux semaines je crois.
Maxime : On cherche un manager, booker, producteur.
Nico : On cherche à jouer surtout.
Maxime : Ouais, on cherche à avoir des dates.
Kevin : y’a des gens qu’on connaît pas qui nous demandent si on va rejouer.
Nico : On est souvent à la Scène Bastille
Kevin : Quand c’est pas annulé par arrêté préfectoral.
Le MySpace de Clock N'Works
Le Facebook de Clock N'Works
[ZiKomAgnes] Clock N'Works @ New Morning
24.9.09 mis en ligne par ZiKomAgnes
Pour la rentrée, Emergenza présentait les finalistes du tremplin rock lors d’un showcase au New Morning. Les gagnants étaient The Wallpapers et Clock N’Works ex-aequo.
The Wallpapers est un groupe aux influences très implantées dans les années 60 : The Doors, Pink Floyd, The Beatles, The Kinks… on les croirait tout droit sortis d’une répèt’ dans un garage de Leeds – un vrai groupe indie comme on [je] les aime.
Mais le groupe qui m’a vraiment intriguée a été Clock N’Works. D’apparence, ce sont quatre jeunes aux cheveux dans le vent. Le premier groupe qui m’est venu à l’esprit en les écoutant était The Hives, pour la rapidité d’exécution et l’énergie qui s’en dégageait. Mais le style est plus rock que punk et le guitariste ne fait pas 120kg. Leur jeu de scène rappelait plutôt un style rock des années 70. J’ai ensuite opté pour Iggy and the Stooges, mais avec un côté dark. Le chanteur – un Romain Duris avec un côté Kasabian - prend un malin plaisir à émettre des rires sardoniques quand ce n’est pas carrément sexuel.

Peu importe les influences, le tout c’est que ça marche. L’audience qui était resté relativement calme toute la soirée et qui commençait à montrer des signes de fatigues après 4 groupes, après des débuts timides, remplit peu à peu la fosse et se met à taper dans ses mains. Difficile en effet de rester de marbre devant le show qu’ils mettent en scène ! Le public a à peine le temps de reprendre son souffle qu’ils enchaînent. Les intros sont brut, un petit côté à la Noir Dés. Leur reprise de Sergent Pepper est très bien accueillie. Puis l’énergie se rapproche de la rage, la basse et la batterie se lancent dans des dialogues de furieux. La guitare part en solo de furieux, le tout s’accélère, le public suit, la batterie est au carré, l’explosion est presque salvatrice – un peu plus et ils smashent leur guitares sur le sol !
L’audience, rompue, a rendu son verdict : pour la première fois de la soirée elle réclame une autre chanson.
Le MySpace de Clock N' Works
Le Facebook de Clock N'Works
[Donjipez] Découverte : le France Culture d’Arnaud Fleurent-Didier
21.9.09 mis en ligne par FredIl lui suffit de quelques mots pour vous poser un personnage – celui de ce titre – un peu Feu follet. C’est en remontant un hashtag #gainsbourg (voir post précédent) sur Twitter que j’ai posé l’oeil et l’oreille sur ce France Culture d’Arnaud Fleurent-Didier. Un texte, des sons : de quoi faire d’une chanson (que je ne classerai pas dans “française”) une belle découverte de la nuit. Dandy dada que ce musicien au nom composé ? Je n’en sait fichtre rien si ce n’est d’en constater l’art des mots et la touche musicale popisante de subtiles richesses. Le morceau est extrait d’un album, La Reproduction, à venir en octobre (clic clic).
Le voici en clip :
Et en superbe teaser sur le site du musicien (suivez la flèche).
par Donjipez.[ZiKomAgnes] Inglourious Basterds by Q. Tarantino
12.9.09 mis en ligne par ZiKomAgnesTout d'abord, je m'insurge! Quelle idée de sortir un Tarantino à la mi-Août! Ils avaient pas une comédie de série B à mettre à la place?! Résultat, je n'ai pu voir le dernier film culte que la semaine dernière. Pour l'occasion, j'ai cherché, et oh joie! Le Max Linder avait choisi Inglourious Basterds dans sa très sélective programmation. A grand réalisateur, se doit une salle prestigieuse.
La première scène donne le ton. Dans la campagne française, une jeune femme étend le linge pendant que l'homme coupe du bois sur un tronc... une musique s'élève alors qu'on aperçoit au loin une berline noire - probablement Nazie - s'approcher. Alors que je vois se défiler sur l'écran une scène digne d'un western de Sergio Leone, je m'attends à une mélodie d'Ennio Morricone pour s'accorder au décor, comme la fameuse scène dans Il était une fois dans l'ouest... Pour vous remémorer:
Première surprise: c'est la Lettre à Elise! Et ce premier chapitre démarre le film en trombe!
J'ai adoré le florilège d'accents: le parfait accent du fin fond Tennessee pour Brad Pitt, l'accent british au possible digne de la reine elle-même pour Michael Fassbender... mais le plus drôle c'est ce mixage linguistique: les Allemands parlent Français, les Anglais parlent Allemand, les Français parlent Anglais et les Américains... Italien!! comme des vaches espagnoles, cela va sans dire.
Après nous nageons en plein cliché. Un Hitler hystérique, c'est comme ça qu'on l'aime, un Churchill flegmatique, comment l'imaginer autrement... Puis Daniel Brühl, l'acteur Allemand fétiche (Good Bye Lenin, The Edukators) joue le héros de guerre tombé amoureux de la petite française (avec l'accent schleu!). Diane Kruger est la belle actrice espionne pour les Alliés qui utilise son charme pour détourner l'attention. Mélanie Laurent est la juive française, fière comme pas deux, qui a vu le massacre de sa famille et se tient prête en attendant sa revanche...
Christopher Waltz campe un Colonel Hans Landa, surnommé le chasseur de Juifs. Cruel, sadique et retors au possible, mais sophistiqué et cultivé, il compare les Juifs à des rats – mais à son sens, ce n'est pas péjoratif, bien entendu.

Brad Pitt, quant à lui, est le Colonel Aldo Raine, l'américain venu sauver l'Europe de tous ces nazis, un type en mal d'action dans une guerre par trop stratégique à son goût. Il fait partie des types qui en ont vu d'autres (remarquer la cicatrice autour de son cou), les Good Ol' Boys comme on les appelle. Il a constitué une équipe de bras-cassés de Juifs Américains pour terroriser les Nazis par des expéditions punitives sanglantes.
La suite est entièrement de la fiction et n'a aucune valeur historique, alors s'en donner à cœur joie! Il y aura un peu de romance, beaucoup de fusillades, du sang, des flammes, des femmes, des scènes gores inutiles mais indispensables et des trahisons dans tous les sens. De quoi prendre un pied monumental! Et il est clair que Tarantino s'est éclaté à le réaliser.
La bande annonce indique le degré auquel prendre le film:
Plus d'infos sur ce film
Ma scène préférée reste celle de la cave… Un véritable délice !
[ZiKomAgnes] Un prophète de Jacques Audiard
4.9.09 mis en ligne par ZiKomAgnes
Aller voir un film de Jacques Audiard, c’est difficile de se tromper : ce sera un bon film. Mais ce n’est pas aussi évident, ce n’est pas forcément une promenade de santé: il nous emmène là où on ne préférerait pas regarder, il nous montre la vie telle qu’elle est, il nous reflète tels que nous sommes, sans détours. Un prophète m'a laissée éperdument émue et sans voix.
Nous suivons ici Malik dès ses tous premiers pas dans l’univers carcéral. On ne sait pas d’où il vient, on ne comprend pas vraiment pourquoi il se retrouve là, on devine qu’il est illettré, on remarque les profondes cicatrices sur son dos.
Mais Malik est loin d’être une victime innocente. Certes les décisions auxquels il se retrouve confronté sont régis par la loi de la prison et donc lui échappent complètement, mais il n’est pas tout blanc. Agressif, calculateur plus que débrouillard, revanchard, il reste pourtant touchant : il est humain !
En effet, ce n’est pas un film qui encense la prison en aidant les illettrés, ni qui la descends en modelant les jeunes en futures malfrats ; ce n’est pas un film sur les gangs rivaux, ni sur le racisme en milieu carcéral ; ce n’est pas un film sur le pouvoir possédé par les détenus sur l’extérieur ou le contraire ; ce n’est pas un film sur la difficulté de survivre en prison ou à la prison… C’est tout en même temps. A l’image de la vie, nous n’avons pas qu’une seule option, comme nous n’avons pas qu’une seule facette. Nos choix reposent sur des éléments extérieurs incontrôlables : au gré des rencontres, malgré les obstacles, en tenant compte de nos fantômes. Où on apprend ici que pour mieux avancer, il faut les écouter.
‘L'idée, c'est de sortir un peu moins con qu'on est en entrant’ sophisme de son ami Ryad.
Tahar Rahim incarne Malik, une gueule d’ange qui la cache parfois sous des airs de Mesrine. On retrouve à ses côtés Niels Arestrup - le père dans De Battre Mon Cœur S’est Arrêté – ici, un parrain de la mafia corse qui détient les rennes de la centrale. Un parrain qui s’accroche désespérément au pouvoir qu’il représente. Leur interdépendance rend le lien frêle mais intense alors que tout les oppose.
Mais attention, Un prophète n’est pas juste un croquis sombre de la vie en prison. L’atmosphère est à mi-chemin entre Les Evades et Animal Factory : les traits d’humours qui le zèbrent contrastent avec le camaïeu de gris en toile de fond pour nous bouleverser d’autant plus.
Primé à maintes reprises, Jacques Audiard nous avait apporté en tant que ‘Un Héros Très Discret’ avec Mathieu Kassovitz, ‘Sur mes lèvres’ avec Vincent Cassel et ‘De Battre Mon Cœur S’est Arrêté’ avec Romain Duris. En 1999, il avait conquis la France avec le scénario de ‘Venus Beauté (Institut). Cette année, il remporte le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes ‘Un Prophète’.
Un avantage d’être scénariste avant d’être réalisateur c’est qu’il sait faire ressortir les émotions, en mêlant le bon moment, le bon acteur, le bon dialogue, le bon mouvement de caméra…
N’oublions pas non plus qu’on lui doit aussi le clip de Comme elle vient de Noir Désir. Le fameux clip avec les sourds-muets qui débute sur « 13% aux européennes, 15% aux présidentielles… Il vaut mieux être sourde que d’entendre ça ».Je ne résiste pas à l’envie de le redécouvrir avec vous :
Pour info la bande annonce du film ‘Un Prophète’ :
Nous suivons ici Malik dès ses tous premiers pas dans l’univers carcéral. On ne sait pas d’où il vient, on ne comprend pas vraiment pourquoi il se retrouve là, on devine qu’il est illettré, on remarque les profondes cicatrices sur son dos.
Mais Malik est loin d’être une victime innocente. Certes les décisions auxquels il se retrouve confronté sont régis par la loi de la prison et donc lui échappent complètement, mais il n’est pas tout blanc. Agressif, calculateur plus que débrouillard, revanchard, il reste pourtant touchant : il est humain !
En effet, ce n’est pas un film qui encense la prison en aidant les illettrés, ni qui la descends en modelant les jeunes en futures malfrats ; ce n’est pas un film sur les gangs rivaux, ni sur le racisme en milieu carcéral ; ce n’est pas un film sur le pouvoir possédé par les détenus sur l’extérieur ou le contraire ; ce n’est pas un film sur la difficulté de survivre en prison ou à la prison… C’est tout en même temps. A l’image de la vie, nous n’avons pas qu’une seule option, comme nous n’avons pas qu’une seule facette. Nos choix reposent sur des éléments extérieurs incontrôlables : au gré des rencontres, malgré les obstacles, en tenant compte de nos fantômes. Où on apprend ici que pour mieux avancer, il faut les écouter.
‘L'idée, c'est de sortir un peu moins con qu'on est en entrant’ sophisme de son ami Ryad.
Tahar Rahim incarne Malik, une gueule d’ange qui la cache parfois sous des airs de Mesrine. On retrouve à ses côtés Niels Arestrup - le père dans De Battre Mon Cœur S’est Arrêté – ici, un parrain de la mafia corse qui détient les rennes de la centrale. Un parrain qui s’accroche désespérément au pouvoir qu’il représente. Leur interdépendance rend le lien frêle mais intense alors que tout les oppose.Mais attention, Un prophète n’est pas juste un croquis sombre de la vie en prison. L’atmosphère est à mi-chemin entre Les Evades et Animal Factory : les traits d’humours qui le zèbrent contrastent avec le camaïeu de gris en toile de fond pour nous bouleverser d’autant plus.
Primé à maintes reprises, Jacques Audiard nous avait apporté en tant que ‘Un Héros Très Discret’ avec Mathieu Kassovitz, ‘Sur mes lèvres’ avec Vincent Cassel et ‘De Battre Mon Cœur S’est Arrêté’ avec Romain Duris. En 1999, il avait conquis la France avec le scénario de ‘Venus Beauté (Institut). Cette année, il remporte le Grand Prix du Jury au Festival de Cannes ‘Un Prophète’.
Un avantage d’être scénariste avant d’être réalisateur c’est qu’il sait faire ressortir les émotions, en mêlant le bon moment, le bon acteur, le bon dialogue, le bon mouvement de caméra…
N’oublions pas non plus qu’on lui doit aussi le clip de Comme elle vient de Noir Désir. Le fameux clip avec les sourds-muets qui débute sur « 13% aux européennes, 15% aux présidentielles… Il vaut mieux être sourde que d’entendre ça ».Je ne résiste pas à l’envie de le redécouvrir avec vous :
Pour info la bande annonce du film ‘Un Prophète’ :
[KDFA] Dama du groupe Mahaleo en Webcast sur la KDTV! ce soir
22.8.09 mis en ligne par Fred
Ce soir vers 20h30 en cliquant sur l’onglet KDTV!vous pourrez découvrir le webcast live de Dama de son vrai nom Rasolofondraosolo Zafimahaleo. Alors je vous vois déjà venir : euhh c’est qui Dama? …et bien je vais tenter de vous le présenter, chose difficile tant ce chanteur représente beaucouppour la culture musicale malgache!
En effet il est juste un des membres fondateur du plus grand groupe malgache de tous les temps à savoir MAHALEO …
Son groupe Mahaleo (”indépendant”, en malgache) est un phénomène transgénérationnel à Madagascar : depuis plus de 35 ans de carrière (qu’ils ont célèbré dignement à l’Olympia), pas un feu de camp sans que l’on fredonne ses chansons ! Si leur image reste liée à la grève de 1972 qui aboutit à la chute du régime pro-français en place depuis l’indépendance de Madagascar, ces songwriters influencés par le courant folk américain doivent aussi leur popularité à leurs textes socio-politiques. Ancien député, Dama a notamment enregistré en 1994 aux Etats-Unis un album avec son compatriote D’Gary, guitariste virtuose.
Il nous fait le plaisir d’être le premier artiste à faire un webcast en live sur la KDTV!et je l’en remercie, j’éspère que cette première augurera de beaucoup d’autres live encore…
A plus tard donc pour ce Webcast et sâchez que votre soutient constant depuis 2004/2005 à mes débuts dans le blogging est la meilleure des récompenses…
liens:
*le site officiel du groupe Mahaleo
*le myspace de Mahaleo
Son groupe Mahaleo (”indépendant”, en malgache) est un phénomène transgénérationnel à Madagascar : depuis plus de 35 ans de carrière (qu’ils ont célèbré dignement à l’Olympia), pas un feu de camp sans que l’on fredonne ses chansons ! Si leur image reste liée à la grève de 1972 qui aboutit à la chute du régime pro-français en place depuis l’indépendance de Madagascar, ces songwriters influencés par le courant folk américain doivent aussi leur popularité à leurs textes socio-politiques. Ancien député, Dama a notamment enregistré en 1994 aux Etats-Unis un album avec son compatriote D’Gary, guitariste virtuose.
Il nous fait le plaisir d’être le premier artiste à faire un webcast en live sur la KDTV!et je l’en remercie, j’éspère que cette première augurera de beaucoup d’autres live encore…
A plus tard donc pour ce Webcast et sâchez que votre soutient constant depuis 2004/2005 à mes débuts dans le blogging est la meilleure des récompenses…
liens:
*le site officiel du groupe Mahaleo
*le myspace de Mahaleo
[ZiKomAgnes] Hold Your Horses! @ Les Disquaires
22.8.09 mis en ligne par ZiKomAgnes
[Update] Hold Your Horses! on donc gagné l'appel aux vote et participent à Rock En Seine , Bravo à eux!Hier soir je me rends à la rentrée des Disquaires, un bar à Bastille, l'occasion de retrouver les potes en terrasse, raconter les vacances, se remettre tout doucement sur les rails. La programmation est lourde ce soir: 14 artistes entre les DJ, chanteurs et groupes confondus. Avec la chaleur, on reste plutôt en terrasse à discuter, mais on me fait signe de venir écouter le prochain groupe: Hold Your Horses!
Je rejoins mes amis, tout le monde écoute religieusement. Je me pose, et me retrouve subjuguée, scotchée. L'atmosphère qui nous enveloppe est envoûtante.
La formation est en acoustique et en nombre restreint de musicien: Charles, chanteur et guitariste lead, Grégory à la guitare rythmique, Robin à la basse (une magnifiq
ue Hofner! J'ai craqué dessus! Et il a gracieusement accepté de poser pour moi ^ ^), Gilles au violon et Florence à la batterie. Normalement, ils ont aussi une trompettiste et un violoncelliste, que je n'ai pas eu le plaisir de rencontrer.
Charles est de Washington DC, Florence de Caroline du Nord, ils se sont rencontrés à Londres et ont commencé en duo. Puis ils ont bougé sur Paris et ont commencé à recruter. Ils ont été repérés par les Boutiques Sonores, et SFR Jeunes Talents pour le festival Rock en Seine. Je me suis aussitôt fait la réflexion que Hold Your Horses! serait parfait pour la Blogothèque, le style correspondant parfaitement à leur ligne éditoriale. Il s'avère que Nat m'a devancé à la Route du Rock (c'est le premier groupe, dans le champ de maïs – je vous mets au défi de ne pas tomber amoureux de Florence!)
La batteur, Florence, qui chante en duo avec Charles, a une énergie ravageuse, elle ressent chaque note qu'elle joue ou chante, elle vit sa musique, elle kiffe et nous le montre! Sur la chanson « 70 million », ils se marraient sur scène, Charles se met à faire des percus sur le tom de Florence. Ils prennent tous leur pied à jouer ensemble et le partage avec le public.
De prime abord, le premier groupe qui nous vient en tête c'est Arcade Fire, forcément - violon oblige? Certains les comparent à Of Montreal, d'autres à Interpol... J'ai trouvé ça plus pêchu, plus enlevé, j'y ai trouvé une originalité rythmique que j'avais rencontré chez les Wombats – un grand écart ici, je l'admets. Moi j'ai tapé dans mes mains, et c'est suffisamment rare pour le souligner. J'ai pas pu résister à l'envie de filmer une chanson:
La formation est en acoustique et en nombre restreint de musicien: Charles, chanteur et guitariste lead, Grégory à la guitare rythmique, Robin à la basse (une magnifiq
Charles est de Washington DC, Florence de Caroline du Nord, ils se sont rencontrés à Londres et ont commencé en duo. Puis ils ont bougé sur Paris et ont commencé à recruter. Ils ont été repérés par les Boutiques Sonores, et SFR Jeunes Talents pour le festival Rock en Seine. Je me suis aussitôt fait la réflexion que Hold Your Horses! serait parfait pour la Blogothèque, le style correspondant parfaitement à leur ligne éditoriale. Il s'avère que Nat m'a devancé à la Route du Rock (c'est le premier groupe, dans le champ de maïs – je vous mets au défi de ne pas tomber amoureux de Florence!)
La batteur, Florence, qui chante en duo avec Charles, a une énergie ravageuse, elle ressent chaque note qu'elle joue ou chante, elle vit sa musique, elle kiffe et nous le montre! Sur la chanson « 70 million », ils se marraient sur scène, Charles se met à faire des percus sur le tom de Florence. Ils prennent tous leur pied à jouer ensemble et le partage avec le public.
De prime abord, le premier groupe qui nous vient en tête c'est Arcade Fire, forcément - violon oblige? Certains les comparent à Of Montreal, d'autres à Interpol... J'ai trouvé ça plus pêchu, plus enlevé, j'y ai trouvé une originalité rythmique que j'avais rencontré chez les Wombats – un grand écart ici, je l'admets. Moi j'ai tapé dans mes mains, et c'est suffisamment rare pour le souligner. J'ai pas pu résister à l'envie de filmer une chanson:
Alors maintenant, si on veut qu'ils jouent au festival Rock en Seine, ils faut voter pour eux sur le site SFR Jeunes Talents:
http://musique.sfrjeunestalents.fr/artiste/hold-your-horses-/
Sinon pour écouter d'autres chansons:
http://www.myspace.com/holdyourhorsesparis
Je recommande: Patience while tantrums of waterfalls.
[ZiKomAgnes] Multiphonies GRM @ la Maison de la Radio
16.8.09 mis en ligne par ZiKomAgnes
Le 27 juin, alors que certains dansaient sur des rythmes techno à la Gay Pride, et que d'autres partaient voir IAM au Zénith, je me suis rendue à un concert gratuit à la Maison de la Radio. Ma tante, qui parcourt les programmes du Groupe de Recherches Musicales de l'Institut National de l'Audiovisuel dans son temps libre, m'a proposé ce concert. Nous ne connaissions rien du compositeur, juste le titre nous avait bien amusé: « Tragédie de la Fraise » et « Lamentations de la Molaire Frustrée ». J'ai bien proposé à des amis de m'accompagner, mais bizarrement, quand on annonce un concert de musique contemporaine, on vous regarde différemment.
A la lecture du programme, le texte est un extrait de la pièce
"Fuori dai Denti" de Tiziano Scarpa traduit en français. On commence par la Fraise: deux types en blouse entre sur scène, lumière frontale, l'un à la clarinette basse, l'autre au saxophone baryton. Ils ont l'air de lire une partition, mais on n'entend que des sons distordus, des sortes de couacs... Eric Tremolières, ténor, rentre et lit le texte. Enfin, il le lit pas, mais il part dans les aigus, descends dans les graves, joue avec l'intonation de sa voix... C'est assez bizarre – comme une parodie de musique contemporaine.
"Fuori dai Denti" de Tiziano Scarpa traduit en français. On commence par la Fraise: deux types en blouse entre sur scène, lumière frontale, l'un à la clarinette basse, l'autre au saxophone baryton. Ils ont l'air de lire une partition, mais on n'entend que des sons distordus, des sortes de couacs... Eric Tremolières, ténor, rentre et lit le texte. Enfin, il le lit pas, mais il part dans les aigus, descends dans les graves, joue avec l'intonation de sa voix... C'est assez bizarre – comme une parodie de musique contemporaine.On passe à la molaire: Nichola Isherwood, basse baryton, rentre. On nous a prévenu qu'il était malade, mais qu'il allait interpréter ce morceau contre l'avis de son médecin. Je me demande ce que ça aurait rendu s'il avait été en pleine forme!! C'était époustouflant! Il nous a montré une amplitude de voix hallucinante et avec une puissance! D'un coup on comprend le concept de la première partie (la fameuse fraise).
Pendant l’entracte, je me suis demandé si je restai ou pas, un concert m’attendait dans un squat; et à la lecture du programme la deuxième partie était une obscure œuvre de Mauricio Kagel: "Phonophonie, quatre mélodrames pour voix et autres sources sonores…" Une sorte de deuil du chanteur d’opéra… ça promettait d’être gai.Au final, j’ai bien fait de rester. C’était le même basse-baryton que pour la molaire, Nicholas Isherwood. Il y avait un jeu de scène fantastique avec une webcam et un écran. La première scène, face à la webcam, il faisait un monologue avec seulement quelques mots allemand "ach", "doch", "nein"… Dans l’obscurité, à la lumière de la webcam, sa tête ressortait en bleu. Après un silence solennel, un enfant a commencé à rire en voyant les mimiques exagérées du chanteur qui baillait, s’extasiait, ou prenait un air surpris. C’est là que l’assistance s’est détendue. Le chanteur a commencé à jouer avec la caméra, faisant sa tête flottante se refléter à l’infini en chœur avec ses modulations vocales, puis il s’est déplacé dans l’assistance.
Le monologue s’est ensuite transformé en
dialogue entre le chanteur et une vidéo de lui-même. De même, à partir de sons, qui sont des mots allemands, il a créé une discussion complète, laissant libre l'interprétation au spectateur. Après avoir joué avec une boîte à son, dont le sens m'a échappé, le quatrième mélodrame montrait le chanteur en présentation constante et à la merci du metteur en scène et de ses élucubrations.
dialogue entre le chanteur et une vidéo de lui-même. De même, à partir de sons, qui sont des mots allemands, il a créé une discussion complète, laissant libre l'interprétation au spectateur. Après avoir joué avec une boîte à son, dont le sens m'a échappé, le quatrième mélodrame montrait le chanteur en présentation constante et à la merci du metteur en scène et de ses élucubrations. Nous avons été impressionnés par ces jeux autour de quelques sons, par cette mise en scène basée sur trois fois rien et par la puissance et l’amplitude de sa voix.
[ZiKomAgnes] elles@centrepompidou
15.8.09 mis en ligne par ZiKomAgnes
Jeudi, en passant devant le Centre Georges Pompidou, je réalise que l'expo Kandinski se finit bientôt et que je ne l'ai toujours pas vue. Je décide d'y remédier de ce pas. Curieuse de nature et ayant quelques heures devant moi, je m'arrête en chemin pour l'exposition elles@centrepompidou: artistes femmes dans les collections du Musée national d'art moderne.
Après une entrée en matière relativement classique par Niki de Saint Phalle, nous entrons dans des espaces délimités selon des thèmes.
J'ai été interpelée par différents aspects:
- Une salle appelée Genital Panic, les femmes refusent « l
a représentation avilissante du regard masculin désirant et se réapproprient le motif de la vulve ».- Dans une des salles de la partie intitulée Feu A Volonté, on tombe sur des images sont assez cocasses : des vidéos montrant le quotidien des femmes en Burka: quand elles font leur gym ou quand elles bronzent.
- La salle Corpographie dénonce « les stéréotypes de beauté imposés aux femmes par le biais des médias »...
La partie qui m'a amusée a été le pan de mur dédié aux posters des activistes appelées Guerilla Girls qui ont cherchent à promouvoir les femmes et les personnes de couleurs dans les arts.
Enfin la pièce qui m'a le plus touchée a été cette citation de Louise Bourgeois - celle aux araignées!
" Il faut que je fasse autre chose que m'amuser. Il faut que je travaille. Comme un homme, il faut que je fasse quelque chose qui vaille la peine plutôt que de toujours faire des trucs de femme. Peut-être faut-il que je devienne quelque chose d'autre, même si je ne peux pas changer. Il faut au moins que je fasse quelque chose. Il y a quelque chose qui cloche dans ce que je fais, ça veut peut-être dire qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans ce que je suis. Faire, faire quelque chose d'autre, changer mes désirs, faire les choses à ma manière, pas à leur manière, changer, ajuster, refaire, transformer, améliorer, reconstruire. Je change le monde autour de moi puisque je n'arrive pas à me changer moi-même"
Louise Bourgeois
L'expo elle@centrepompidou est à Beaubourg jusqu'en mai 2010
La bande annonce
[ZiKomAgnes] The Reader
10.8.09 mis en ligne par ZiKomAgnes
Pour se remettre dans le contexte: au lendemain de la seconde guerre mondiale, un jeune garçon, Michael Berg, a eu une liaison secrète avec une femme jusqu'à ce qu'elle disparaisse sans laisser de traces. Quelques années plus tard, lors d'un procès des crimes de guerre Nazi, il retrouve Hannah sur le banc des accusés.
Cette femme mystérieuse est jouée par Kate Winslet qui a reçu l'oscar de la meilleure actrice pour le rôle d'Hannah. Par conséquent on attend beaucoup de sa performance aux antipodes de son rôle phare dans Raison et Sentiments - euh pardon, Titanic.
On retrouve une femme plus mûre, plus sûre d'elle, plus nature, plus belle, plus vraie.
Cette femme a la particularité d'apprécier énormément qu'on lui fasse la lecture. Le jeune homme éperdument amoureux s'adonne à son rôle corps et âme. Cela donne lieu à des scènes de lecture jouées à merveille par le jeune David Kross.
Ralph Fiennes joue Michael Berg à l'âge adulte. On le retrouve dans un contexte qui lui sied bien puisqu'on se souviendra de sa performance dans la fameuse Liste de Schindler – plus qu'en tant que Voldemort dans Harry Potter!

Ce film a l'avantage de ne pas prétendre répondre aux questions que le sujet pose: Doit-on juger ceux qui obéissaient ou ceux qui donnaient des ordres? Ces procès de crimes de guerre traitaient plus des détails que des vraies blessures dont l'Allemagne a souffert. Il laisse chacun de ses personnages répondre à sa manière, sans juger. A chacun de choisir son camp.
Les émotions sont travaillées: la tension est palpable, au point qu'une complicité se crée entre Michael – adolescent ou adulte - et nous. On ressent son désarroi... on passe des larmes qui montent aux yeux au rire, tellement on est pris au dépourvu...
Un film poignant!
Un seul regret: de n'avoir pas pris le temps de lire le livre par Bernard Schlink avant (et dans le texte si possible).
La bande annonce
Cette femme mystérieuse est jouée par Kate Winslet qui a reçu l'oscar de la meilleure actrice pour le rôle d'Hannah. Par conséquent on attend beaucoup de sa performance aux antipodes de son rôle phare dans Raison et Sentiments - euh pardon, Titanic.
On retrouve une femme plus mûre, plus sûre d'elle, plus nature, plus belle, plus vraie.
Cette femme a la particularité d'apprécier énormément qu'on lui fasse la lecture. Le jeune homme éperdument amoureux s'adonne à son rôle corps et âme. Cela donne lieu à des scènes de lecture jouées à merveille par le jeune David Kross.
Ralph Fiennes joue Michael Berg à l'âge adulte. On le retrouve dans un contexte qui lui sied bien puisqu'on se souviendra de sa performance dans la fameuse Liste de Schindler – plus qu'en tant que Voldemort dans Harry Potter!

Ce film a l'avantage de ne pas prétendre répondre aux questions que le sujet pose: Doit-on juger ceux qui obéissaient ou ceux qui donnaient des ordres? Ces procès de crimes de guerre traitaient plus des détails que des vraies blessures dont l'Allemagne a souffert. Il laisse chacun de ses personnages répondre à sa manière, sans juger. A chacun de choisir son camp.
Les émotions sont travaillées: la tension est palpable, au point qu'une complicité se crée entre Michael – adolescent ou adulte - et nous. On ressent son désarroi... on passe des larmes qui montent aux yeux au rire, tellement on est pris au dépourvu...
Un film poignant!
Un seul regret: de n'avoir pas pris le temps de lire le livre par Bernard Schlink avant (et dans le texte si possible).
La bande annonce
[Donjipez] Sister Marianne et Mister David, un Panthéon qui bouge encore
3.8.09 mis en ligne par FredToujours problématique les doubles affiches. Il y a ceux qui sont venus plutôt pour l’un et ceux qui sont venus plutôt pour l’autre. Ceux qui sont venus plutôt pour les deux et encore ceux qui sont venus vaguement pour l’un, l’autre ou les deux. Faut que la sauce prenne. Mais peut être aussi que seul aucun n’aurait rempli une arène – qui est un théâtre romain me suis-je fait reprendre récemment au sujet de l’enceinte lyonnaise -, n’affichant pas complet hier soir même si finalement assez bien garnie.
C’est Marianne Faithfull qui ouvre le bal. Jamais facile de parler d’un mythe même s’il ne s’effondre pas. Et le problème avec Marianne Faithfull c’est que du haut de cette petite anglaise, quarante-cinq ans de l’histoire du rock te regardent. Ca impressionne. Trop peut être pour un public assis presque trop poli avant de se montrer ravi. On se croirait un peu à un concert de jazz, certains morceaux en auront la tonalité. Ou près d’un kiosque à musique si l’on veut satisfaire les origines aristocrates autrichiennes de la dame, petite-nièce du sulfureux – déjà, ce doit être de famille -Leopold von Sacher-Masoch.
De fait on ne cherche pas d’angle avec lady Marianne puisque l’angle c’est elle.Tu es quand même face à quelqu’un qui s’est barrée de chez son mari galeriste pour aller vivre chez Brian Jones en même temps qu’Anita Pallenberg - au passage sacré Keith, va. Puis elle devient l’égérie de Mick Jagger. Avec Richards, il lui offrira quelques perles.
Moi, j’aurai attendu Dangerous Acquaintances pour tomber dans les griffes de la chanteuse aux cheveux mouillés (sur la pochette). Avec un certain mérite puisque l’air du temps était ailleurs. Mais sa légende était déjà en marche depuis
(Mick Jagger et Marianne Faitfull ) CC beasclub
longtemps. Ce LP, héritier du culte Broken English, me mit sur la piste de cette voix singulière. Une voix restée la même.
Tout cela nous vaut un moment charmant, alternant calme et un peu plus de tourmente pour un tour de chant d’un peu plus d’une heure. Sept musiciens : un guitariste, un batteur, un bassiste-contrebassiste, un pianiste (+ claviers), deux cuivres (+ accordéon, flûte…) et un second guitariste (+ scie électrique, violon, mandoline…) et une Marianne Faithfull dans un ensemble pantalon noir veste cintrée sur un chemisier blanc avec faux noeud pap’ imprimé. Un peu l’impression d’être reçue par celle qui se présente désormais comme “une grand-mère s’occupant de ses petits-enfants” pour une garden party typically british. Pour le reste, sur scène, c’est sobriété et simplicité avec juste un tabouret pour se percher de temps à autres, et laisser les solistes dans la lumière, ainsi qu’un livret sur un pupitre.
Je vais pas faire la set list, je l’ai pas notée. Bien sûr certain(e)s regretteront l’absence de tel ou tel titre
Mais, entre un touchant Solitude de Billie Holliday (”écrit par Duke Ellington”, précise-t-elle), des reprises de Buddy Holly et Gary Newman, les incontournables sont là. A commencer par ce long et premier temps fort du concert que sera ce Broken English qui décolle totalement. Ballad of Lucy Jordan bien sûr mais aussi sa “pièce de résistance” (en français dans le texte) Sister Morphine. Sans oublier un Why did you do it poussé bien haut. Si tout cela s’avère un peu attendu, c’est aussi ce que l’on attendait…
Un burning Byrne
Et David Byrne me demandera-t-on ? Et bien à l’heure qu’il est c’est-à-dire tard dans la nuit, j’en suis encore sur le cul. Tiens, je résume : il m’a fait danser. Moi qui combine une flemme intrasèque à une élégance toute relative dans le mouvement : il m’a fait bouger. Et en plus je savais pas trop à quoi m’attendre puisque je ne connaissais pas son travail avec Brian Eno et que, grand bonhomme quand même, ce dernier a toujours suscité chez moi quelques réserves pour sa propension à donner dans la complexité, la musique “savante” et les arrangements electro tarabiscotés.
Bein que nenni. Le New-Yorkais (né en 52 et en Ecosse, merci Wikipédia parce que là m’en serais pas douté…) a livré une putain de performance. Au sens anglais du mot d’ailleurs. Bon, c’est vrai je n’ai jamais vu les Talking Heads (on peut pas tous les avoir vus non plus) même si Stop Making Sense m’avait démontré quel performer cet immense musicien-chanteur-créatif est sur scène. Cela dit le film de Jonathan Demme est de 1984.
Le band dont le nom (et la composition) n’est donc plus Talking Heads (Cf le live de 82 voyons) se présente vêtu de blanc de pied en cap. Tiens, on se croirait à une des fameuses soirées à Saint-Trop’ de feu Eddy Barclay. Devant sa troupe, Byrne en Monsieur Loyal peroxydé balance un petit speech introductif. Lui qui a offert un titre en Creative Common sur une compil’ Wired et semble peu rétif au web, invite l’assistance à “photographier, enregistrer, parler au téléphone ou checker ses mails”. Montrant la set list à ses pieds, alors que trois estrades sont placées en fond de scène avec batterie, percus et keyboards, juste derrière un bassiste et trois choristes (un peu instrumentistes aussi), libérant l’espace du plateau pour les trois danseurs qui vont y débouler, il plaisante encore du fait d’être le seul à avoir le menu de la soirée. Il rappelle que l’album de son side project de 81 avec Eno My Life in the Bush of Ghosts ne s’était pas vendu terrible et… one, two, three, four.
Et de suite ça décolle. C’est lancé pour… ? Pour tout dire je n’ai aucune idée de combien de temps cela a duré, happé que j’étais par le son, la lumière, les chorégraphies et la mise en scène. Va raconter ça, tiens. Tout est parfaitement stylisé, totalement maîtrisé, superbement interprété, incroyablement performé… Merde, les adverbes.
cc Lainey ~
cc Lainey ~
Pas question de tenir une set list à jour, juste d’attrapper les titres à la volée en commençant à s’agiter. On retrouve la touche ethno, world, africaine, la danse et la guitare, le funk et le fun, la disco et le post-punk mais aussi les bidouillages et structures complexes, les samples et effets sonores. Ca fuzze, ça wah-wah, ça distorse aussi. Et cette voix, ce phrasé… Déplacements synchros, danse, énergie : virez les chaises des places d’orchestre réclame une partie du public. Mister David propose d’attendre la fin de deux morceaux plus lents – “j’ai le menu sous les yeux” rappelle-t-il -, ce qui est fait avant que l’enceinte entre encore plus dans la gigue.
Mince alors. Brian Eno version dansante, j’ai besoin d’une bonne révision des 100000 moi. Je récupère un Come with us, me laisse emporter par Once in a Lifetime, me récupère sur Life during Wartime (enfin je crois), redémarre sur The Road to Nowhere, plonge dans Take me to the River… Pour les plus connus. Classiques pour beaucoup mais revisités sans être dénaturés. Ca peut pas finir comme ça ?
Non. Il y a trois rappels calibrés dont l’incadescent Burning Down the House. ça tu l’as dit, c’était chaud.
Un peu plus : – Le Myspace officiel de Marianne Faithfull- Le mini-site de l’album Easy come, easy go.-Le site de David Byrne, la page du Everything that Happens Will Happen Today Tour (music by David Byrne et Brian Eno).
- Et le journal de bord de David Byrne.
[BACI] Là-haut
3.8.09 mis en ligne par BaciUn vieux monsieur carré est amoureux d'une frêle vieille dame qui le lui rend bien. Ils sont ensemble depuis très longtemps et c'est juste tellement joli de les voir si heureux et complices. Et voila que la frêle vieille dame s'affaiblit puis meurt, laissant le monsieur carré tout seul dans leur très jolie maison peinte de toutes les couleurs. Juste au moment où le vieux monsieur carré avait décidé d'offrir un voyage en Amérique du Sud à la frêle vielle dame : ils rêvaient depuis tout petits d'être des aventuriers, c'était l'occasion, enfin.
Pas de suspens, le vieux monsieur carré va partir en Amérique du Sud, il ne pourra pas emmener sa femme alors il emmènera leur maison. Dans son voyage, il va rencontrer un petit garçon rond, un chien ovale, un oiseau losange...
Je ne vais pas vous expliquer que ce film serait une parabole de la quête de l'infini, une application d'une théorie kantienne dont je ne sais rien... En fait, à mon sens, il n'y a pas besoin de se réfugier derrière des excuses pompeuses pour aller voir ce film. Il est vraiment bien. Et ça me suffit.
L'histoire n'est pas tout à fait convenue, les personnages très bien croqués, les situations comiques sont bien amenées, il y a un bon équilibre entre les rigolades et le scénario. Pas mal de choses inattendues aussi et pas de leçon de morale trop envahissante.
Ce film est juste un petit bonbon doux, un baiser léger, une poésie pittoresque, une blague carambar nostalgique. Un morceau de bonheur embullé dans une histoire pour enfants pourtant tout à fait enchanteresse pour la grande que je suis parfois.
photos : CC hyku





