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[Brùjula] La cámara oscura

27.4.13 mis en ligne par Fred
Brujùla est une nouvelle auteure que ne manquera pas de donner une saveur espagnole à cet écrin qu'est le site de la blugture. Je suis profondément heureux de l'accueillir parmi nous.

La bande annonce de ce très beau film argentin ne lui fait pas honneur. Le titre fait allusion à la chambre noire du photographe qui va révèler Gertrudis, le personnage principal, à elle-même, qui va réveiller la sensualité de cette femme mûre, "laide au pré dormant".

Gertrudis est le troisième enfant d'un couple d'immigrants juifs en Argentine. Sa mère accouche sur la passerelle du bateau, ce qui lui ôte d'emblée la possibilité d'être argentine. De surplus elle est très déçue d'avoir une petite fille, n'avait pas choisi de prénom pour cette éventualité, elle vit cette naissance comme un malheur... C'est donc l'officier d'état-civil argentin qui choisit le prénom de ce bébé "très laid" d'après un de ses frères...
Ce début improbable, difficile, donne d'emblée le ton de la vie de Gertrudis. Laide, invisible, pas désirée, elle passe de longues heures au cabinet d'aisance en rêvant devant des contes d'enfants, fait tapisserie au bal...
Un riche agriculteur du coin en fait son épouse après avoir été abandonné par la précédente, qui était très belle!

Nous retrouvons Gertrudis et sa famille 20 ans plus tard. Elle a accompli à la perfection son devoir d'épouse, mère, maîtresse de maison... Mais elle garde son jardin secret, les livres, la poésie, l'émerveillement devant la beauté de la nature, les mystères de l'univers... Elle aime s'entourer de beauté, prend soin méticuleusement de son intérieur, de ses fleurs, fait des bouquets avec des mouvements minutieux.

C'est son mari qui va embaucher le photographe français ambulant qui va la sortir de cette torpeur...
Pas de suspense, puisque la première image du film est celle du fils aîné de Gertrudis la cherchant au petit matin, devant une table et une cuisine qui n'ont pas été rangées....

Cette histoire qui peut paraître banale, ou classique, est racontée doucement, avec de très belles images, un rythme tranquille, sans images superflues. Se mêlent au film quelques séquences d'animation surréalistes qui renforcent cette sensation de rêve éveillé, d'attente, d'irréalité.

Tout dans ce film est soigné. La propriété où vit Gertrudis, sa maison, ses enfants, tout est beau autour d'elle.

Les personnages sont bien campés, l'actrice qui joue Gertrudis a un physique difficile mais en joue à merveille (elle n'est pas sans rappeler la "beauté cubiste" ("belleza picassiana") de Rosy de Palma (une des actrices fétiche de Almodóvar).
Le photographe a un visage extrêmement mobile, expressif, empreint d'une bienveillance et d'une douceur qui attirent le regard, on a envie de continuer à le voir parler, penser, sentir...
Il y a une scène particulièrement sensuelle, où le photographe caresse l'image projetée à travers la fente d'un volet de Gertrudis tirant l'eau du puits. On ne peut pas imaginer d'image aussi chaste et aussi torride en même temps!

La cámara oscura est un de ces films qui nous laissent sourire aux lèvres, émus, émoustillés....



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"La curiosité d'avoir peur existe." V. Hugo

17.12.11 mis en ligne par Fred
Julien Tatham, un nouvel auteur de la blugture qu'il m'est assez facile de présenter. Ses oeuvres parlent avec le coeur, les sentiments sont au bout du pinceau,  de la caméra, dans les chorégraphies et les images... Et c'est pourquoi, franchement, ce billet sur Godard est le plus beau cadeau possible pour ces fêtes. Merci à ce bel être humain. Merci.


Il y a quelques mois déjà, j'ai eu la chance de recevoir le coffret de Godard  par la Gaumont.
C'était un réel plaisir. Ça l'était d'autant plus que je n'étais pas sûre de le recevoir et quelques semaines se sont écoulées quand j'ai reçu un avis de la poste pour me dire que j'avais un colis à aller chercher, j'y suis allé sans savoir ce qui m'attendait quand j'ai ouvert, c'était déjà Noël…

Et dans ce coffret, il y avait un de mes films préférés de cet auteur : "JLG/JLG - Autoportrait de décembre".



Suite à des discussions (toujours aussi passionnantes) avec Fred2baro, il m'a demandé d'écrire sur Godard. J'ai aussitôt accepté avec grand plaisir. D'abord car j'aime ce réalisateur et que lorsque l'on fait de l'image on ne peut pas l'ignorer, même si certains peuvent le détester. Puis parce qu'on se dit qu'écrire sur Godard c'est un réel exercice, écrire "sur" Godard, c'est assez délicat. Pourquoi délicat ? Étrange idée… Et bien parce que je pense que l'on nous bourre le crâne de prétentions. Parce que Godard fait peur en général, parce qu'on se dit aussi qu'il faut être intelligent pour apprécier Godard. Oui… c'est vraiment faux de croire cela, pourtant c'est souvent ce que l'on se pousse à penser.

Pour ma part, je ne suis pas intelligent (j'avoue je lis très peu) et entre nous, je n'ai pas vraiment peur de cet artiste. Peur de quoi d'ailleurs ? Pourquoi avoir peur, c'est tellement à la mode. Je pense que l'idée c'est que l'on a peur de mal interpréter, peur de ne pas avoir les références, peur de ne pas comprendre et passer pour un c.. mais bon, pour ma part, cette ignorance me rassure et m'excite.

J'ai eu la chance de suivre des études de cinéma avec des théoriciens et historiens talentueux qui m'ont apportés de bonnes connaissances dans l'histoire du cinéma mais surtout qui m'ont permis de voir autrement ou un peu plus à travers je dirai. Cependant, en tant que praticien, la théorie m'a, un temps, un peu figée. J'en étais toujours à vouloir justifier ce que je comptais filmer, y réfléchir, penser à citer, voir si je ne faisais pas quelque chose "d'interdit"… C'était stupide mais je pense que c'était un manque de confiance et surtout une façon involontaire de vouloir se comparer aux grands auteurs. Finalement, aujourd'hui ce que je retiens de cette période (en dehors des connaissances utiles) c'est que pendant que je me triturais les neurones et bien j'ai peu produit (oui, ce mot là aussi fait peur… cool).
A trop se demander, on ne fait plus et je pense qu'à trop réfléchir et tenter de décortiquer Godard en tant que spectateur, on n'apprécie plus. Il faut pourtant se laisser aller, c'est là le bonheur. Godard est un artiste riche, explosif, créatif. Chacun de ses films est toujours un plaisir, oui un plaisir. La narration est la sienne, son histoire peut être montage, mais c'est avant tout à chaque fois une œuvre singulière qui nous est proposée. Oui, une œuvre originale, qui a sa propre origine, qui suit un parcours singulier, le sien, celui d'un artiste qui avance, revient, dépasse, un artiste qui n'est pas figé.



J'ai appris aussi à lire Godard, non, ce n'est pas le bon mot… ce n'est pas lire, je dirai plutôt que j'ai appris à accepter ma façon de voir Godard, en appelant mon expérience sans validité extérieure, en faisant confiance à mon émotion et mon instinct. Un film de Godard, c'est comme être face à une toile. On est face à elle, avec elle puis on reçoit ou pas. On est en échos d'un sujet, d'un message, d'une émotion. Pas besoin de savoir pour voir. Godard travaille comme un peintre je trouve, il colle, copie des citations, des images, il compose, il ne reste plus qu'à en apprécier la symphonie et aller plus loin dans le message, mais on peut s'arrêter aussi à la musique. Ce qui effraie c'est de ne pas avoir de références, on est inquiet de ne pas suivre, mais pourtant, c'est agréable la déroute, cela fait naître des regards personnels par une création elle aussi personnelle, dont on ne dépend pas et dont on n'en connaît pas obligatoirement les rouages.
Projeter, recevoir oui. C'est lui (… de mémoire de mes cours de ciné) qui disait qu'au cinéma il faut lever son visage car l'image projetée est en hauteur alors que devant la télévision on abaisse ses yeux ou au mieux on est à la même hauteur. Je trouve cette idée fascinante. Alors après on peut se vexer si on consomme le petit écran, mais pourquoi s'emporter, ouvrons les sens aux avis contraires, aux bouleversements c'est ainsi que sa pensée s'aiguise, c'est par et avec les autres.
L'art est un regard sur le monde, un point de vue alors la déroute est vraiment importante pour éviter de voir grâce à des paraphrases plates de ce que l'on sait déjà.

En fait Mister Godard, je l'apprécie comme Mister Lynch. Il y a des échos dans la façon de voir leurs films, il suffit juste de se laisser faire, de lâcher prise et d'accepter de prendre la main du créateur, quitte à ce qu'il nous perde en cours de route et nous laisse seul dans son labyrinthe.



Et puis Godard, ce n'est pas que du cinéma, c'est de la peinture, de la littérature, de l'art vidéo, de la musique… Au prix où sont les places de cinéma, c'est tellement agréable de voir plusieurs arts en même temps.



J'ai par exemple le CD de la bande son de Nouvelle vague et c'est passionnant de l'écouter chez moi en faisant autre chose, on est plongé dans un autre espace sonore de fiction. Ca change le lieu physique et mental.



Après on n'est pas obligé de tout partager, d'être en accord avec tout, que ce soit avec l'artiste ou l’œuvre. Je suis d'accord avec Godard qui aide un gars qui se fait chopper en téléchargeant et sa position sur la propriété intellectuelle , je le suis moins quand il dit qu'on ne peut pas être avec une femme qui n'a pas les mêmes goûts cinématographiques, car au contraire on se nourrit de la différence.

Il faut arrêter d'avoir peur, ce n'est jamais très productif.
Et puis en tant qu'artiste, Godard inspire.


Lee Ranaldo (Sonic Youth) sur Jean-Luc Godard, 'One Plus One' et les Rolling Stones
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[Baci]L'Affaire d'un Printemps

8.9.10 mis en ligne par Baci
La Commune.

Cette période si connue du français moyen, donc de moi. Non je déconne, la Commune, cette courte période du 19ème siècle que 3 prof d'histoires enseignent encore et dont j'ai vaguement entendu parler à la télé mais jamais en classe. Pourtant, c'est un moment hyper fort de notre histoire, celui d'une mini guerre civile.

C'est tout pile pendant ces temps hyper troublés que se joue la pièce dont je voudrais vous parler aujourd'hui.

C'est au printemps 1871, donc, à Paris, en pleine Commune, qu'un policier est chargé de retrouver une jeune femme qui a disparu. A première vue, étant donné la situation insurrectionnelle en cours, c'est le type d'enquête qui devrait pourtant être retardé sine die. Mais non, la disparition de cette fille de bourgeois va occuper l'opiniâtre policier jusqu'à la résolution du mystère alors qu'autour, Paris est à feu et à sang, opposant les militaires de l'Etat exilé à Versailles avec les parisiens sur les barricades.

Et c'est là pour moi l'inspiration géniale des deux auteurs. On ne va pas subir une lourde description historique, on va suivre une enquête. Et s'accrocher jusqu'au bout des 2h30 de spectacle (oui, -et c'est le seul point qui pourrait rebuter- c'est un peu long. Mais pour être sincère, à part un monologue vers la fin, je n'ai pas eu la sensation que c'était long) à la trame de cette histoire, pendant que mine de rien, au fil des rencontres ou des rebondissements de l'affaire, on nous raconte la Commune.

Les personnages sont pour certains très attachants, pour d'autres drôles ou encore méprisables. Les liens entre eux tous fonctionnent parfaitement. Et l'histoire aussi, j'avais vraiment envie de comprendre la clef du mystère. En plus, il y a du monde sur scène, l'effet du soulèvement populaire est d'autant mieux rendu par la foule de personnages qu'on croise.

Si vous avez vous aussi envie de passer un chouette moment de théâtre dont on sort avec des connaissances en plus sur l'histoire, que vous aimez les enquêtes, les pièces en costumes et le théâtre, prenez vos places ! Ils sont de retour du 14 au 19 septembre au théâtre de Ménilmontant.



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[Ninouchka] Délicieuse Ellen Von Unwerth…

28.5.10 mis en ligne par Fred
@Ninouchka est l'auteure très mystérieuse de LACE AND UNLACE. Il y a une telle quantité et qualité de sensualité que pour un l'homme malgré tout timide que je suis, je reste transis et en révérence devant une si belle expression féminine. Voici son premier post qui vous enchantera, j'en suis certain.

C’est une affiche qui est en ce moment dans le métro parisien qui m’a donné envie de parler ici de Madame Von Unwerth.

Monica Bellucci et Vincent Cassel (un couple que j’affectionne tout particulièrement) réunis sous l’œil de cette photographe dont les sujets ne peuvent que m’émouvoir…

Ellen Von Unwerth saisit les femmes nues ou en dessous, corsetées, attachées, et la magie opère, tout simplement, avec beaucoup de finesse, et jamais aucune vulgarité.

Ellen Von unwerth


Ellen Von unwerth


Une exposition de ses photos, toutes centrées sur le cinéma, a lieu en ce moment au Bon marché. Une belle occasion de (re)découvrir le talent de cette femme qui a remporté le premier prix au Festival international de la photographie de mode en 1991.

Retrouvez des acteurs et des actrices du monde entier, sublimés par l’appareil de la grande Ellen.


Exposition Ellen Von Unwerth « Ellen’Cinema »

Du 6 mai au 19 juin au Bon Marché

24 rue de Sèvres Paris VIIème

Verrière du 2ème étage

01 44 39 80 00 et www.lebonmarche.com

Tous les jours de 10 heures à 20 heures, jeudi et vendredi jusqu’à 21 heures.

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[Baci] Fortune, une tuerie qui déchire grave

13.4.10 mis en ligne par Baci

C’est un de ces blind concerts dont mes amis ont le secret. Ils s’enthousiasment pour un groupe et m’entraînent avec eux pour les découvrir sur scène. Étant très curieuse de nature, je dis généralement banco même quand je n’ai jamais entendu une seule chanson. Juste pour le plaisir de tenter l’expérience.

C’est un blind concert qui tombe un soir de non-disponibilité complète. Quelques minutes avant que ça ne commence, je ravalais au sens littéral des larmes. J’étais sur le quai du métro, en grande conversation sur moi-même. J’encaissais sans broncher mes 4 vérités vues par la personne qui m’accompagnait, parce que ce n’était pas vraiment le moment de pleurer.

C’est un blind concert dans une salle qui ne me plaît pas du tout, précédé d’une première partie improbable et entourée de conversations dans lesquelles je me sens un peu comme une pièce rapportée. La copine de… à la présence de laquelle on s’habitue.

C’est un blind concert absolument terrifique et génialesque.

Fortune arrive sans un mot, des garçons hyper assortis physiquement alors qu’ils sont individuellement très différents : celui avec des lunettes, celui en T-shirt, celui aux cheveux longs, celui à l’air sérieux, celui qui se dandine, celui qui ouvre sa chemise de chaud, celui avec un petit pull près du corps, celui a l’air un peu brouillon… (non ils ne sont pas 15...) Tous s’amalgament parfaitement.
Donc déjà, une vraie sensation d’avoir un groupe en face de soi et non pas des personnages mal assemblés. Et j’adore ça, l’impression d’une entité pensante et musicienne en osmose.

Ces considérations visuelles paraissent bizarres mais pour moi, c’est important. Pas autant que la musique mais quand même. Et parlons-en de la musique.

Autour de moi, on tentait de faire des comparaisons : « ce serait un mélange de truc et bidule mâtiné d’un peu de machin. » En fait c’est juste Fortune. Enfin, « juste »… Fortune c’est le tour de force de faire une musique hyper accessible mais qu’on sent très travaillée, même quand comme moi, on n’a pas de notion technique ni de vraie culture.
Les changements de rythme, l’utilisation de l’ordinateur en même temps que la batterie ou la guitare, tout se perçoit, le moindre détail se remarque pour aussitôt s’oublier dans le bonheur d’entendre l’œuvre finie. C’est beau ET fun.

J’ai dansé sur tous les morceaux, tous. Franchement, j’étais inquiète vu mon état d’esprit en arrivant et pourtant, tour de force inouï, je n’ai pensé à rien tout le temps de leur prestation. Fortune m’a vraiment embarquée dans une parenthèse. J’en suis ressortie un peu sonnée, un grand sourire aux lèvres et un peu lavée des préoccupations d’avant, avec la sensation excitante d’être parmi les happy few qui connaissaient cette nouvelle perle.

C’était tellement bien qu’en rentrant j’ai été écouter un peu de Fortune sur Internet. C’était différent de l’ambiance sur scène mais ça tient carrément trop la route. Et la magie avait vraiment opéré, j’avais déjà retenu la mélodie de 2 ou 3 chansons grâce à une seule écoute en concert.

Fortune, vraiment, faut y aller, faut acheter, faut écouter.

Sur leur myspace par exemple !



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[Baci] Monstres invisibles

12.4.10 mis en ligne par Baci


Shannon était mannequin. Etait parce qu'elle est défigurée à vie. On lui a tiré dessus alors qu'elle conduisait et toute une partie de son visage a volé en éclats. Alors qu'elle est convalescente, elle rencontre Brandy Alexander, flamboyante transsexuelle qui décide qu'on ne doit pas se morfondre dans un hôpital et entraîne Shannon sur la route.
Ce n'est même pas le début, juste une vague description des personnages principaux mais je ne peux rien vous dire de plus, je tuerais tout le suspens. Parce qu'il y en a, pas façon roman d'enquête mais façon « Mais il veut nous emmener vers quoi, Chuck Palahniuk ? »

Mon premier Chuck. Le grand, l'unique, celui à qui l'on doit Fight Club par exemple. Surprise a posteriori, Monstres Invisibles est le premier roman que le sieur Palahniuk ait tenté de faire publier. Impossible de qualifier cette œuvre composite, originale et déjantée. J'ai tenté de me faire aider par wikipedia et appris que ce style de roman s'appelait de l'anticipation sociale. (Un croisement entre polar et SF a priori) En fait, avec mes mots, je dirais que c'est un roman, sombre, un peu science mais très fiction, qui serait assez lent en apparence mais en fait hyper dense.


J'ai été happée par cette histoire immédiatement. C'est tellement inattendu et délirant que je me suis sentie comme secouée dès l'entrée en matière. Alors je me suis laissé faire, sous le charme, incapable de laisser tomber la lecture. Il y avait un sentiment de fascination hypnotique devant l'assemblage de personnages et le puzzle de situations à faire s'imbriquer. L'histoire remonte de façon anarchique mais pas aléatoire une ligne temporelle qui permet de découvrir le pourquoi de tout cet apparent chaos. Mais pas trop vite les explications, en laissant juste assez de temps pour s'imprégner des nouvelles données et les mettre en perspective. Extravagante et délirante perspective.

Et puis cerise sur le gateau, j'ai trouvé que c'était souvent drôle parce que tellement féroce. La description de certains comportements politiquement corrects, les absurdités auxquelles conduit l'obsession de l'apparence, certaines anecdotes tout simplement.

C'est donc une grande gifle pas seulement littéraire que ce livre m'a envoyée. Et je ne crois pas qu'il plaira à tous -parce qu'il est violent visuellement et émotionnellement. Parce qu'il a l'air bordélique et aussi peut-être parce que l'outrance peut déranger- mais je crois qu'il faut au moins tenter.



Give me tolerance. Flash. Give me understanding. Flash.


If I can't be beautiful, I want to be invisible.


Don't do what you want. Do what you don't want. Do what you're trained not to want. Do the things that scare you the most.

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[Donjipez] Last Call, un film qui appelle l’audience

17.3.10 mis en ligne par Fred


un article de Donjipez

Last Call, un film qui appelle l’audience

Après la démocratie participative (tiens, elle devient quoi celle-là au fait ? ;-) ), voici le film participatif. Ou plus exactement interactif. Sera-ce la prochaine mode du cinéma après la 3D ?
Last Call, un film d’horreur produit par les Allemands Jung von Matt & Film Deluxe pour 13e Rue, inaugure un nouveau concept qui introduit des éléments issus du jeu vidéo pour faire évoluer le récit. En effet, lorsque les spectateurs achèteront leur place, on leur demandera également leur numéro de portable et de laisser celui-ci allumé pendant la projection. Lorsque l’ héroïne sera dans une situation dangereuse, elle passera un appel pour qu’on lui vienne en aide. Le numéro appelé sera celui d’un spectateur, sélectionné au hasard. Grâce à un système de reconnaissance vocale, la réponse sera retranscrite en commande qui déclenche l’envoi de la séquence correspondante. En fonction de l’information que donnera la personne sélectionnée, le film variera donc totalement d’une séance à l’autre, toutes les options possibles ayant déjà été filmées au préalable.
On peut voir plusieurs aspects dans la démarche. L’aspect ludique et innovant vient en premier. Mais la réserve est celle de se dire qu’un film est un tout, pensé par un scénariste et un réal’ et que les choix multiples de directions dans la narration risquent de fragiliser (décrédibiliser?) le déroulement du récit. Le jeu scénaristique pourrait s’avérer cependant fort intéressant quant à la façon de voir comment un élément entraîne ou pas la séquence suivante. Et donc des dénouements divers. Une approche un peu semblable – mais sans intervention des spectateurs, juste avec des choix différents des personnages à certains moments-clés – avait été celle d’Alain Resnais pour son diptyque Smoking/No Smoking réalisé en 1993.
Petite explication (eng.) en images dans un teaser pour ce film qui n’a pas encore, à ma connaissance, de date de sortie annoncée:



Lire aussi : sur Owni.fr et filmsactu.com
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[Tatham] Le baiser de la lune

10.2.10 mis en ligne par Fred
Un article de Julien Tatham
Le dernier film de Sébastien Watel, Le baiser de la Lune, est loin d’être un conte à dormir debout ; il tend plutôt à nous laisser en éveil.

Ce court métrage d’animation (actuellement en tournage) est une histoire poétique qui aborde les relations amoureuses entre personnes du même sexe.

L’histoire : ce film raconte l’évolution du regard archaïque d’une grand-mère sur les relations amoureuses.

Prisonnière d’un château de contes de fées, une chatte, « la vieille Agathe », est persuadée que l’on ne peut s’aimer que comme les princes et princesses. Mais cette vision étroite de l’amour est bouleversée par Félix, qui tombe amoureux de Léon, un poisson-lune, comme par la lune, amoureuse du soleil : deux amours impossibles, pour « la vieille Agathe ». Pourtant, en voyant ces couples s’aimer, librement et heureux, le regard de la chatte change et s’ouvre à celui des autres. C’est ainsi qu’elle quitte son château d’illusion et se donne enfin la possibilité d’une rencontre…



Ce film, à l’intention des enfants de CM1/CM2, est évidemment aussi adressé à touts les tranches d’âge. Il est toujours important d’offrir à un large public différentes façons de voir une histoire, de la lire et nous proposer de découvrir d’autres rapports entre les personnages. La construction classique d’une intrigue, d’un scénario, a trop souvent cette complaisance de se structurer sur les mêmes axes de lecture , et ainsi reste reconnaissable. On aime être rassuré par ce que l’on voit et au détriment d’idées originales (apportant de nouvelles interrogations) on se sclérose dans des scénarios reconnaissables qui finalement s’accumulent alors qu’ils pourraient se résumer en un seul. Toujours voir la même chose pose subjectivement une règle de légitimité et finalement une vision très étroite de la réalité (même et surtout avec un conte). Sébastien Watel, lui, n’a pas pris le même chemin et c’est rassurant. La masse de films allant dans le même sens se proclame alors définition car leur multitude fait office de référence, or, l’histoire de l’art l’a toujours montré, c’est généralement l’auteur “isolé”, avec un autre point de vue, qui apporte un nouvel axe de lecture faisant ainsi apparaitre réellement un autre regard et du coup révéler son sujet grâce à cette différence.

Dans “le baiser de la lune“, le sujet est l’amour.

Alors on dira : rien de plus classique dans ce sujet ! Mais, par réflexe, les idées qui nous viennent à l’esprit, quand on entend amour, c’est une histoire entre un homme et une femme. Mais trêve de chabadabada, non ici l’histoire amoureuse concerne Félix et Léon. Il est vraiment intéressant de se débarrasser des vieux réflexes, car au bout d’un moment ça rouille. Comment rester persuadé de ce que l’on pense si les mêmes pensées reviennent sans cesse au détriment de l’apprentissage et de la remise en cause. Ne pas rester sur ses croyances que l’on croit définitives ouvre bien des horizons et je ne parle ici pas que d’art, évidemment. L’art d’ailleurs est rarement une fin en soit mais nous propose justement un autre axe de regard sur le monde. Sans en être toujours le but, une création a une valeur pédagogique forte car elle nous emmène avec différents outils à considérer autrement ce que nous voyons parfois peut-être trop du même œil obstiné. Ici nous avons affaire (à faire) avec un film d’animation, la technique de tournage est aussi riche que le sujet, les décors sont réalisés avec du sable qui se meut au gré de l’histoire, du pastel gras, des jeux d’éclairage…

(Voir ici différentes étapes de la fabrication du film)

En sus de cette prouesse technique, l’intention du film est loin d’être creuse, comme le dit le réalisateur : “Le baiser de la lune dépeint, de façon poétique, différentes façons de s’aimer, dont celle de deux « poissons-garçons ». À travers ce film, je souhaite apporter une meilleure représentation des relations amoureuses entre les personnes du même sexe. Il s’agit de montrer que deux hommes ou deux femmes peuvent s’aimer, même si leurs amours paraissent différents ou impossibles.

Ce film d’animation s’adresse à un public enfant, afin de lutter contre l’homophobie survenant à l’adolescence. Au-delà de la problématique homosexuelle, ce film est une lutte contre les discriminations, par un apprentissage du respect de l’autre et de sa différence. “

Mais alors voilà, le sujet crée (ô surprise !) la polémique. Certaines personnes imprégnées de “tolérance” et habitées par des valeurs étriquées décident d’attaquer l’amour, pardon le film. Finalement ces mêmes polémiques montrent bien à quel point ce genre de création a de l’importance et demeure extrêmement nécessaire, surtout quand il s’adresse à de jeunes générations. Les valeurs autour de la famille véhiculées par ceux qui veulent censurer le film aux plus jeunes montrent à quel point on tente encore aujourd’hui de scléroser une vision du couple (purée quand je pense que j’écris ça encore en 2010). Selon eux il y aurait une définition claire d’une structure familiale, une identité familiale (ça me fait penser à quelque chose ça). Car l’amour et l’éducation, on le sait bien, n’existent qu’avec un papa et une maman et les autres eh bien sont dénués de civismes et de sentiments, alors il faut les faire taire… Bref.

J’ai toujours été étonné, choqué, que l’on puisse ainsi poser (et le terme est choisi : sans mouvement), s’arrêter donc sur ce qui fait la différence. Ce qui est étrange car cela devrait être une source, une fontaine pour s’abreuver de ce que l’on ne connait pas. En quoi est-ce inquiétant de fréquenter ce qui est invisible à nos yeux, ce qui est étranger, pourquoi ne faire toujours que confiance qu’à ce que l’on connait, à ceux qui pensent comme nous, qui sont nés dans le même village et qui parlent la même langue, vous savez ceux qui pensent que c’est sain de toujours marier le rose avec le bleu. La palette est jolie ok, mais à terme cela devient bien pauvre de toujours vouloir faire les mêmes combinaisons. Il y a tellement plus de couleurs dans un arc en ciel, tellement plus de complémentaires. Un enfant, il faut lui montrer toutes les couleurs pourqu’il fasse ensuite son tableau. Si on ne lui propose que deux couleurs, la vision reste primaire. La vie dans laquelle il pénètre est déjà bien grise, alors laissons les réalisateurs leur révéler son éclat noir ou/et blanc. Viv(r)e le contraste.

L’amour n’a pas de mesure (la mesure de l’amour… etc), il n’y a rien d’héréditaire, c’est toujours novateur, on ne dépend de rien, il n’y a pas de costumes, il est et c’est tout. Alors s’il vous plait qu’importe comment on s’emboite, ce qui importe c’est que l’artiste puisse le conter et enrichir nos couleurs en rouge, jaune, noir, blanc, vert…



Le site du film

Soutenez le film, appel à souscriptions ici (merci pour l’artiste)

L’espace du mouton à plumes

baiser-de-la-lune
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[Donjipez]Découverte : Wooden Shjips, le psychédélisme ressort du bois

10.2.10 mis en ligne par Fred

Un article de Donjipez


Inconnus au bataillon jusqu’à hier, les voilà qui tournent en boucle depuis. Tombé sur ce Motorbike je ne sais plus comment, j’ai bien tenté de les googliser. Sans trouver grand chose à se mettre sous la dent. Juste assez pour corroborer la première impression laissée dans ce clip bien cheap par une guitare fuzz façon psyché, une rythmique caverneuse, lancinante, répétitive et une voix spectrale qui évoque Alan Vega.


Rock-trance et influences garage estampillées post Sky Saxon pour ce quatuor de San Francisco composé de Omar Ahsanuddin (batterie), Dusty Jermier (basse), Nash Whalen (orgue), et Ripley Johnson (guitare et chant). Au compteur : trois LP depuis 2007, dont le dernier, Dos, l’an dernier, produits et distribués par le label indé Holymountain; et un à venir le 30 mars, qui comportera des reprises du Vampire Blues de Neil Young et du Contact de Serge Gainsbourg.


Wooden Shjips, avec le look improbable de membres semblant sortir d’un acid test rétro, a sa page sur MySpace (ici) et son propre site (là). Comme pour leurs cousins de revival (Black Angels, Asteroid#4…), leurs morceaux en mode psychédélique revisité sont addictifs comme un champignon hallucinogène surdosé. Quand on y a goûté, on a une fâcheuse tendance à y revenir.


Extrait du précédent album, le deuxième et donc (?) baptisé Volume 1, le clip de Dance, California :



[Edit : Ca doit s'appeler avoir de la suite dans les idées. J'avais découvert, apprécié et commenté ce Motorbike sur le blog Pomme de Pin il y a quelque temps. Et dû garder la vidéo dans un coin :) ]

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L’illusion conjugale

13.12.09 mis en ligne par Baci

Jeanne et Maxime sont mariés depuis un moment et toujours amoureux. Jeanne a toujours soupçonné Maxime d’être resté un coureur. L’heure des aveux aurait-elle sonné ?

Le théâtre pour commencer est un petit bonbon. Caché au fond d’une cour, assez petit, il me semble délicieux.

Une fois installées, pas le temps d’un soupir, ça commence déjà, on était très juste. Quelques regards complices pendant la pièce, un ou deux chuchotements discrets sur nos voisins ou la robe d’Isabelle Gélinas, pas plus. Nous regardons attentivement.

La pièce part très fort, un couple apparemment marié depuis un petit moment discute calmement de leurs aventures extra-conjugales respectives. Ou plutôt, Madame cuisine Monsieur. Elle sait qu’il a eu des maîtresses, elle veut savoir combien. Ok répond-il, mais alors je veux savoir pour toi.

Un accord semble passé. Maxime commence et annonce 12 femmes. Il insiste pour que Jeanne lui dise à son tour son tableau de chasse : un seul.

Ce n’est pas un vaudeville, il n’y a donc pas d’amant caché sous le canapé, de maîtresse enfermée dans la buanderie, de portes qui claquent, de domestiques dans la confidence. Ca ne va pas à 100 à l’heure au rythme de rebondissements rocambolesques. Mais ce n’est pas pour autant sinistre. Au contraire, j’ai trouvé la pièce plutôt drôle, les acteurs pas mal du tout. Mention spéciale à José Paul dont j’oublie toujours le nom mais qui parvient très bien à faire passer des choses, même en silence. La mise en scène mise justement beaucoup sur les comportements non verbaux des personnages, ça rajoute une dimension visuelle à cette pièce au décor assez vide finalement.

Surtout, j’ai été fascinée par le jeu auquel se livre ce couple. Parfois limite mal à l’aise, je les regardais se porter les coups, avec le sourire. Au bout d’un moment, on ne sait plus très bien qui manipule qui, qui ment, qui souffre, qui a intérêt à faire durer ce petit jeu.

Et toutes ces questions soulevées en filigrane : est-ce qu’un seul amant, c’est plus grave que 12 ? Peut-on continuer à aimer quand on ne fait que mentir ? L’amitié est-elle au-dessus de l’amour ? Vaut-il mieux savoir qui sont les amant(e)s ou rester dans le flou ?

Au Théâtre de l’œuvre à Paris jusqu’au 20 décembre.
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[Julien Tatham]mesure sonique

3.11.09 mis en ligne par Fred
Julien Tatham est de ses étoiles que l'on croise par miracle et qui nous éclaire de sa tendresse. je l'ai rencontré ici et j'ai la chance depuis d'être de ses amis, j'ai le plaisir de vous présenter sa première contribution au site de la blugture.


Sonic Youth " Palais des congrès" - 25-10-09 - Paris - photos © j.tatham 2009


sain, mature, honnête,
subversif, intemporel, progressif
voilà ce que mes sens m'ont chuchoté après le concert, du rock aussi fabuleux que massif



Sonic Youth

Sonic Youth " Palais des congrès" - 25-10-09 - Paris - photos © j.tatham 2009

Je me sens touché, de plus en plus vivant et libre à chaque fois que je les vois, à chaque fois que j'entends cette mélodie sonique toute en rupture.

J'étais un fan des Cure plus jeune (d'ailleurs je me demande parfois comment on peut devenir vieux, si on ne cesse jamais de s'alimenter de l'énergie des croyances de sa jouvence), mais avec Sonic Youth, je ne peux plus parler de fanatisme, le mot est loin d'être adapté; désormais c'est une toute autre approche. Ici, on peut parler de respect lié principalement à ce qu'ils nous donnent.

Oui... du bon rock, du vrai, du créatif, loin d'être bloqué dans ses certitudes, de la musique qui est en recherche perpétuelle, un art qui remet en cause la soupe habituelle, en quête de son intègre véracité. Ici, on ne fabrique pas, on ne pinaille pas; on propose. Par des interrogations parfois impulsives, laconiques ou soudainement brutes, presque animales... il y a ce quelque chose de primal qui nous sauve et nous permet d'ouvrir puis de nous ouvrir.


D'un point de vue artistique, c'est toujours comme ça que j'ai imaginé la musique, et Sonic Youth est le pur écho de cette quête. Avec Sonic Youth, le rock peut être.


Après un de leur concert, presque une performance, je me sens rassuré. Allant au-delà de leurs propres limites, dépassant un quelconque cadre dans lequel ils pourraient eux-mêmes s'enfermer, ils ne cessent de briser en fragments les frontières trop délimitées. Et c'est sûrement dans cet espace, au delà des marques, qu'il y a le lieu magique où tout est possible.


Ouverts d'esprit, ils nous ouvrent les yeux. Mon coeur, lavé, récuré est prêt à être rempli de nouveau. Les brèches sont permises et utiles. Je retrouve la force...


Sonic Youth " Palais des congrès" - 25-10-09 - Paris - photos © j.tatham 2009



Après chacun de leurs shows, l'art demeure, et me concernant je sens à fleur de peau qu'il va rester, grandir pour nourrir ma vie. Ils nous donnent tant et surtout maintiennent la foi, cette même foi qui se fait attaquer chaque jour. Je ne parle pas de foi religieuse, non. Juste de celle qui donne de la texture à nos vies, ce quelque chose d'invisible qui nous permet de nous projeter face et en dehors de soi, cette foi qui est la base de toute existence.


Sonic Youth " Palais des congrès" - 25-10-09 - Paris - photos © j.tatham 2009



L'intelligence se résume parfois avec un son. Et ce n'est pas comment faire un son qui a besoin d'être appris, c'est l'écoute qui a besoin d'être exercée, disponible pour être lucide face à la folie que nous pouvons assumer pour nous enrichir.


C'est parce que nous avons été nourris que nous pouvons ensuite continuer à créer, parce que nous avons reçus.


Nous avons toujours besoin d'attraper ce que nous entendons, nous sommes trop souvent inattentifs et nous écoutons toujours les mêmes sons de cloches alors nous perdons les sens nouveaux et devenons d'une certaine manière sourds puis muets. Car nous pouvons toujours entendre si nous sommes attentifs, nous oublions simplement et régulièrement de voir d'où vient le son, de situer sa provenance. De toute façon qu'on le désire ou non, c'est là, né d'un petit quelque chose qui a des choses à dire... il ne nous reste plus qu'à lui répondre.



Sonic Youth " Palais des congrès" - 25-10-09 - Paris - photos © j.tatham 2009







vidéo faite avec la camera de mon appareil photo :


Sonic Youth from Julien Tatham on Vimeo.



Autre article sur Sonic Youth de reflecting story (http://reflectingstory.com/art-creations/sonic-youth/)
site officiel de Sonic Youth (http://www.sonicyouth.com/)
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[Sosso] Mariee Sioux au Café de la danse

1.11.09 mis en ligne par Fred




Je Peyotle, Tu Peyotles, nous peyotlons à Nevada city... Relire Dalva de Jim Harrisson, se souvenir de Sitting Bull, porter des sacs à franges, chuchoter des secrets dans le creux d’un rocher et connaître enfin son animal totem. Dans la famille petite indienne je demande Mariee Sioux. 8 chansons si joliment ciselées dans « Faces in the rocks », son premier album qui date déjà de 2007. Flûte, arpèges délicats, « banjo blues » et une voix flottante comme de la soie qui vient vous caresser les oreilles. Hier soir au Café de la danse, seule ou avec Matt Bauer, immense bucheron timide, tous 2 maquillés façon Halloween. « Tonight we are all dead », fantômes charismatiques pour un temps suspendu au bord de la rivière où l’on entend les berceuses de maman ours au pays de "Bravitzlana Rubakalva", "where we can watch all the miracles happening". Nagawika je suis, Mariee sioux j’écouterai.




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[Sabine] We want Miles : oh yes we do !

27.10.09 mis en ligne par Fred
affiche_expo_we_want_miles
C’est toujours un plaisir de partager l’ambiance d’une inauguration. Timing de soirée, petite foule à l’entrée, on sent l’événement et la curiosité de la nouveauté. Le 16 octobre pour l’expo We want Miles, à la cité de la musique, le tout paris était au rendez-vous.

Parler d’un événement culturel est, pour moi, un exercice épineux. Que dire qui ne soit déjà su d’un demi-dieu du jazz ? Que partager qui ne soit ne soit dit, redit et convenu ? Combien en dire quand on n’est pas expert d’un sujet qui compte autant de passionnés ? Alors encore une fois je prends le parti de ma subjectivité.

J’ai déjà pu l’évoquer sur ce blog, je comprends mal comment on peut taxer le jazz d’élitiste. La vie et l’oeuvre de Miles Davis en sont une nouvelle preuve. C’est l’histoire d’un p’tit black fils de bourgeois, encouragé par sa mère à se fondre dans la société américaine dirigée par “les blancs”, qui pourtant choisit comme instrument la trompette -emblématique de sa communauté. De Saint-Louis à New-York en passant par Paris, il deviendra un des plus grands trompettiste de son temps, un artisan du jazz, star incontestée dans le monde entier.

La cité de la musique nous raconte son parcours, ses partenaires mentors et disciples, l’évolution de sa musique,celle du mouvement jazz et son apport à celui-ci. Avec toujours toile de fond le parcours humain de l’artiste, ses femmes, la drogue, le poids de la couleur noire de sa peau et son voeu d’”être blanc”, la soif de reconnaissance et la fierté communautaire.
Le matériel présenté est de grande qualité avec quantité de pièces originales prêtées entre autres par la famille de Miles Davis (qui a pointé son nez et son fort accent amerloque à l’inauguration). Vinyles, partitions, photographies, courriers, films, instruments et bandes son live en fond sonore et en libre écoute font la richesse de cette expo. Mais sa grande valeur ajoutée, c’est selon moi dans sa scénographie qu’elle réside : murs, sols et plafonds noir, itinéraire chronologique (8 étapes thématiques, chacune pour une période de la musique de Miles) dont on peut s’évader librement, alcôves en forme de sourdine pour faire honneur à des temps forts et pièces phares de l’exposition, font de la visite une plongée dans la nuit du jazz. Incontournable.



We want Miles, exposition à la Cité de la Musique , 221 avenue Jean Jaurès, 75019 Paris. (métro Porte de Pantin)

Du mardi au samedi de 12h à 18h, le dimanche de 10h à 18h, nocturne le vendredi jusqu’à 22h.

Le site de l’expo

La billetterie en ligne

Billet rédigé par Sabine, initialement publié sur son blog Goodgirls.fr


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[Baci] J'ai halluciné devant Creature

9.10.09 mis en ligne par Fred


C'était la fin d'une de ces journées bien pourries qui font regretter de s'être levé. J'avais décliné une invitation à dîner chez des amis parce que je savais que je finirais trop tard pour arriver à une heure décente, j'avais passé la ,journée de sale humeur. Alors que je m'apprêtais à éteindre mon ordinateur pour rentrer chez moi faire le légume, on me propose une place pour un concert. Là, maintenant, tout de suite...

Bon allez, oui.


Et me voila donc arrivée au musée des arts forains à Paris pour aller écouter un groupe dont j'ignore tout sauf le nom : Creature. 21h30, ça commence. Creature est sur scène. Première note qui sort des instruments de musique. Ma machoire se déboîte : je reste bouche bée devant le tsunami qui s'avance vers moi. Je m'attendais à tout sauf à cette puissance. (Youtube : Who's Hot or Not)

Pour une découverte c'est une découverte. La musique déménage, ils sont hyper investis dans leur concert, très complices aussi. Ils ont l'air assez jeune et pourtant, c'est pas la kermesse ici, c'est super pro.

Le cadre juste superbe ne gâche rien, ils se servent bien des éléments de la scène en forme de colonnes de manège par exemple. Entre deux morceaux, ils nous racontent parfois quelques anecdotes rythmées par leur délicieux accent québécois.



Un vrai concert qui met le sourire, qui fait danser et crier aussi.
Ils sont 4 sur scène : le batteur, la bassiste, le guitariste la qui fait tout mais surtout les claviers. Tout le monde chante mais surtout le guitariste et la touche à tout. Le batteur est définitivement parti dans une dimension parallèle : il joue avec un sourire béat sur le visage, il n'est pas là juste pour nous, il vit son truc à fond. Je le regarde parfois à la limite du fou rire. La bassiste toute lookée communique énormément avec les autres/le public par le regard. Le guitariste fait le beau gosse, saute depuis l'ampli, joue du violon avec sa guitare, nous met en joue avec ses notes, pousse sa voix dans des directions improbables.

On en vient à la déglinguée géniale du lot, la zébulon du groupe.Madame je suis au clavier mais aussi aux percussions et tiens aussi au chant et tant que j'y suis je vais aller danser un peu avec la bassiste et zou sautons partout sur les fly case. Elle a une énergie incroyable.Sur ses bras, il y a ce que je suppose être un pense-bête pour l'ordre des chansons. Sur ses jambes, elle a écrit "I AM A CREATURE" Bon en fait, je pensais soit à ça soit au fait que des créatures ont pris possession de son corps. Je vois pas d'autre explication.

(Youtube : Pop Culture)

Ces 4 Creature ont tout compris à la scène en tout cas. Il m'arrive régulièrement d'aller écouter des gens dont je ne sais rien en concert, jamais jusque-là on ne m'avait embarquée aussi directement dans un trip si jouissif. Aucun temps mort, pas de temps d'adaptation nécessaire, Creature m'a illico déménagé le cerveau. C'était juste terrible.

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[JUB] Mary & Max

26.9.09 mis en ligne par Jub
Par Jub


Quand je suis arrivé dans les locaux de Gaumont, j’ignorais à peu près tout de « Mary & Max ». Après coup, j’ai appris que c’était un de ces films dont « tout le monde parle »,
mais dont personne n’avait jugé pourtant utile de me parler.

« Mary & Max » est un film d’animation.
Et j’imagine que c’est avant tout par cela que « tout le monde » en parle.
Pourtant le prodige que réussit « Mary & Max », c’est de nous faire oublier qu’il s’agit d’un film d’animation.
La technique de réalisation est à la fois secondaire et essentielle.
Rapidement, elle se fait oublier, même si il est évident que ce film n’aurait pas eu le même impact s’il avait été tourné avec de vrais acteurs.

C’est avant tout le film d’une histoire entre deux êtres humains perdus, dans un monde trop confus, et qui en trouve en l’autre l’île qui permet d’avancer.
Max, espèce de Omer Simpson dépressif, et Mary, Mafalda un peu paumée, sont super attachants.

Je n’ai pas quitté la salle sans y laisser quelques larmes d’émotions, saupoudré de mes sourires préférès.
Pas ceux qui revêtent la condescendance de ceux qui savent vivre.
Ceux qui s’habillent de gratitude sincère.
Gratitude pour ce génial Adam Elliot de rappeler comme il est bon d’être humain.
Et comme il est bon de ne pas vouloir/savoir vivre comme tout le monde.

« Mary & Max » ?
Il n’y a pas à réfléchir… Il faut aller le voir… et Vite !

Sortie en salle le 30 Septembre 2009



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[ZiKomAgnes] ITV de Clock N' Works

25.9.09 mis en ligne par ZiKomAgnes
Interview de Clock N’ Works - Finalistes 2009 du tremplin rock Emergenza.
Maxime, 25 ans, chanteur et guitariste.
Kevin, 22, guitariste et chanteur
Jérôme, 26, bassiste
Nicolas, 23, batteur.


- Vous pouvez me résumer un peu les influences ?
Tous : Ouh là !!
Kevin : Tout de 53 à 79
Nico : Moi c’est Van Gélis, et euh Chopin. Un peu tout pour moi, c’est vrai. Et puis les influences majeures c’est les deux loustics guitaristes.
Maxime :  Rolling Stones pour moi
Kevin : AC/DC et Les Beatles
Maxime : Oui, les beatles. Sinon j’ai découvert les Pixies y’a pas très longtemps, j’adore. Un très bon groupe.
Kevin : Kings of Leon
Jérôme : Cake, j’adore Cake
Nico : Les Stuck in the Sound. On les adore, on les as vus au Bataclan.

- Et alors, comment ça a commencé pour vous ?
Maxime : On s’est rencontrés tous les deux y’a deux-trois ans. Je me souviens plus des dates.
Kevin : On a eu envie de monter un groupe et doucement ça a fait son chemin. Et quand on a décidé de le faire, on a trouvé Nico.
Maxime : On a commencé à 3.
Kevin : Et ensuite on a eu un bassiste qui est pas resté longtemps, puis Jérôme est arrivé. Puis le truc s’est vraiment formé y’a un an.
Maxime : On a galéré pour avoir un chanteur aussi puis ensuite un autre chanteur. (soupir)
Kevin : Qui en fait a pris la basse et ensuite s’est barré. (rire)
Nico : Maxime ne chantait pas au début.
Kevin : Et donc il a prit le rôle du chanteur.
Maxime : Moi j’étais juste guitariste et comme y’avait personne, ben, j’ai chanté.
Kevin : Et depuis un an ça se passe bien. On a fait le concours Emergenza et on a gagné. On a finit premier de Emergenza France.
Nico : On avait un peu d’appréhension. Mais ce qui est bien c’est qu’on a pu progresser avec les différentes étapes. Ca nous a permit de travailler toute l’année. Y’a 4 étapes pour arriver à la finale nationale. Ca faisait des challenges sur l’année. Et c’est comme ça qu’on a progressé.
Kevin : Et on a pris conscience qu’il fallait donner l’envergure que le groupe devait avoir, et du coup avoir une attitude beaucoup plus pro : beaucoup plus répéter, beaucoup plus se voir, beaucoup plus composer… Et ce qui a amené à un concert comme ce soir qui était plutôt cool.
Maxime : Plutôt cool, ouais

- C’est un sacré show que vous nous avez fait quand même ! Vous avez-baigné dans le rock depuis que vous êtes nés ?
Kevin : Mon même pas.
Maxime : Je suis né dans le caniveau (tous explosent de rire) Ma mère est toxico, mon père est prostitué. (rires)
Jérôme : C’est ça qui est génial, c’est qu’on a tous des influences un peu différentes : Rock, Blues, plus classique ou moi qui suis plus métal. On arrive à fusionner tout ça et à en faire notre truc.
Maxime : Ce qui est bien c’est qu’on vraiment a notre identité. C’est vraiment notre musique à nous, c’est notre son. Et on est vraiment très content de ça. Je sais pas si j’ai le recul nécessaire, mais j’pense que c’est quelque chose qui est assez nouveau, différent, qui sort un peu du lot.
Kevin : J’ai la prétention de penser que c’est quelque chose qui peut se différencier.
Maxime : Je pense qu’on a trouvé la formule magique entre les quatre personnalités.
Nico : Ce qui est clair c’est qu’on a quatre personnalités bien différentes, bien distinctes, qui arrivent à se retrouver.

- Vous avez aussi un bon niveau derrière.
Kevin : Moi ça fait que deux ans.
Nico : On travaille depuis un an. Et vu que ça marche, plus ou moins à chaque fois, on continue et puis là on va essayer d’en faire notre vie. On va essayer de se donner les chance de le faire.
Maxime : On voit les réactions des gens, du coup on répète dans notre coin. Et quand on joue devant un public, on constate qu’ils aiment, qu’ils en veulent encore. Donc on en rajoute encore plus !
Jérôme : Quand les gens sont avec nous, on est à donf. Et puis on est aussi des bêtes de scènes en même temps (tous éclatent de rire).

- Vous avez retourné la salle ce soir. De quelles rock stars vous vous êtes inspiré ? Vous avez maté quels groupes en vidéo ?
Maxime : Mick Jagger
Kevin : Angus Young
Jérôme : Metallica. Le truc, c’est qu’on a nos influences et notre style de zik permet de développer notre style perso. Et l’interaction avec le public fait qu’on se lâche sur scène.
Kevin : Je ne m’exprime jamais mieux que quand je suis avec ma gratte. C’est paradoxal dans un sens, mais je m’exprime jamais mieux que quand j’ai ma gratte et avec des gens
Maxime : Et quand on est réunis tous les quatre.
Tous : Ouais, c’est clair.
Kevin : C’est beau un groupe qui s’aime.
Maxime : Y’a une fusion entre nous quatre
Jérôme et Kévin : ça donne une super mayonnaise.

Et le nom du groupe, Clock N’ Work, a un quelconque rapport avec Clockwork Orange [titre original d’Orange Mécanique, film de Stanley Kubrick]
Nico : C’est ça principalement.
Maxime : J’adore faire flipper.
Kevin : Le mot d’ordre c’est décadence.
Nico : C’est pas du fabriqué. On a jamais travaillé ce côté-là.
Kevin : Oui c’est naturel chez Maxime
Nico : Il m’a toujours dit, moi mon but dans la vie c’est de montrer mon côté noir sur scène.
Kevin : D’un côté on est très cool, très sympa, très gentil machin, mais une fois qu’on est sur scène … (pause pour effet puis voix machiavélique) Rien ne nous arrête.
Nico : Cette interview est super prétentieuse, je sais pas si vous vous rendez compte.
Maxime : Attend, on sort de scène. Ca s’est bien passé, on avait des défi important à relever, on les a relevés… et puis on est un peu bourrés !




- Et au festival Taubertal Open Air en Allemagne ça s’est passé comment ? [Les finalistes d’Emergenza de chaque pays se retrouvent au Taubertal festival en Bavière]
Maxime : Ah merde ! pourquoi on parle de ça ?
Nico : Alors pour être honnête, en Allemagne, on s’est pris une claque.
Kevin : C’est le genre de claque qui fait qu’on se pose les bonnes questions. Soit on se relève, soit on split. Et nous on a vraiment eu envie de continuer parce qu’on y tient, c’est notre bébé.
Maxime : On a été confrontés à des grands groupes, des groupes très pro.
Kevin : C’est là qu’on s’est rendus compte qu’on avait un pas un rythme de répétition qui était suffisant.
Nico : Ce qui s’est passé c’est qu’en Allemagne, on avait des prétentions de groupe pro sans avoir fait le travail nécessaire. Ca on en a pris conscience. Mais c’est surtout un incident de parcours que cette scène. Mais c’est salvateur parce que ça va nous permettre de…
Jérôme : De nous remettre sur les rails.
Nico : Et de nous remettre à notre place aussi.
Kevin : On s’est pété la gueule, on a décidé d’affronter le truc et de pas être défaitiste.
Jérôme : On nous a reproché que c’était un peu brouillon, un peu casse gueule. Et c’est ce qu’on a bossé pendant un mois et demi.
Nico : On avait une grosse pression, en tous cas la section rythmique pour ce soir. On a multiplié les répètes plus des répètes rythmiques. Et ça commence à porter ses fruits, afin de rattraper le retard qui avait pu être accumulé. C’était notre challenge de ce soir. A un moment donné si ça marche pas, il faut se poser des questions sérieuses. On s’est donné les moyens pendant un mois et demi, donc on est content de ce soir.
Jérôme : Là on est sur des bons rails.
Nico : On va essayer de maintenir ce cap. Enfin non ! (déterminé) On va le faire (rires). Une claque comme ça on veut pas en reprendre d’autre.

- Vous avez des dates :
Tous : Non.
Kevin : A Evreux dans deux semaines je crois.
Maxime : On cherche un manager, booker, producteur.
Nico : On cherche à jouer surtout.
Maxime : Ouais, on cherche à avoir des dates.
Kevin : y’a des gens qu’on connaît pas qui nous demandent si on va rejouer.
Nico : On est souvent à la Scène Bastille
Kevin : Quand c’est pas annulé par arrêté préfectoral.

Le MySpace de Clock N'Works
Le Facebook de Clock N'Works
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[ZiKomAgnes] Clock N'Works @ New Morning

24.9.09 mis en ligne par ZiKomAgnes

Pour la rentrée, Emergenza présentait les finalistes du tremplin rock lors d’un showcase au New Morning. Les gagnants étaient The Wallpapers et Clock N’Works ex-aequo.

The Wallpapers est un groupe aux influences très implantées dans les années 60 : The Doors, Pink Floyd, The Beatles, The Kinks… on les croirait tout droit sortis d’une répèt’ dans un garage de Leeds – un vrai groupe indie comme on [je] les aime.

Mais le groupe qui m’a vraiment intriguée a été Clock N’Works. D’apparence, ce sont quatre jeunes aux cheveux dans le vent. Le premier groupe qui m’est venu à l’esprit en les écoutant était The Hives, pour la rapidité d’exécution et l’énergie qui s’en dégageait. Mais le style est plus rock que punk et le guitariste ne fait pas 120kg. Leur jeu de scène rappelait plutôt un style rock des années 70. J’ai ensuite opté pour Iggy and the Stooges, mais avec un côté dark. Le chanteur – un Romain Duris avec un côté Kasabian - prend un malin plaisir à émettre des rires sardoniques quand ce n’est pas carrément sexuel.


Peu importe les influences, le tout c’est que ça marche. L’audience qui était resté relativement calme toute la soirée et qui commençait à montrer des signes de fatigues après 4 groupes, après des débuts timides, remplit peu à peu la fosse et se met à taper dans ses mains. Difficile en effet de rester de marbre devant le show qu’ils mettent en scène ! Le public a à peine le temps de reprendre son souffle qu’ils enchaînent. Les intros sont brut, un petit côté à la Noir Dés. Leur reprise de Sergent Pepper est très bien accueillie. Puis l’énergie se rapproche de la rage, la basse et la batterie se lancent dans des dialogues de furieux. La guitare part en solo de furieux, le tout s’accélère, le public suit, la batterie est au carré, l’explosion est presque salvatrice – un peu plus et ils smashent leur guitares sur le sol !

L’audience, rompue, a rendu son verdict : pour la première fois de la soirée elle réclame une autre chanson.

Le MySpace de Clock N' Works
Le Facebook de Clock N'Works

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[Donjipez] Découverte : le France Culture d’Arnaud Fleurent-Didier

21.9.09 mis en ligne par Fred

Il lui suffit de quelques mots pour vous poser un personnage – celui de ce titre – un peu Feu follet. C’est en remontant un hashtag #gainsbourg (voir post précédent) sur Twitter que j’ai posé l’oeil et l’oreille sur ce France Culture d’Arnaud Fleurent-Didier. Un texte, des sons : de quoi faire d’une chanson (que je ne classerai pas dans “française”) une belle découverte de la nuit. Dandy dada que ce musicien au nom composé ? Je n’en sait fichtre rien si ce n’est d’en constater l’art des mots et la touche musicale popisante de subtiles richesses. Le morceau est extrait d’un album, La Reproduction, à venir en octobre (clic clic).


Le voici en clip :



Et en superbe teaser sur le site du musicien (suivez la flèche).

par Donjipez.
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[ZiKomAgnes] Inglourious Basterds by Q. Tarantino

12.9.09 mis en ligne par ZiKomAgnes



Tout d'abord, je m'insurge! Quelle idée de sortir un Tarantino à la mi-Août! Ils avaient pas une comédie de série B à mettre à la place?! Résultat, je n'ai pu voir le dernier film culte que la semaine dernière. Pour l'occasion, j'ai cherché, et oh joie! Le Max Linder avait choisi Inglourious Basterds dans sa très sélective programmation. A grand réalisateur, se doit une salle prestigieuse.









La première scène donne le ton. Dans la campagne française, une jeune femme étend le linge pendant que l'homme coupe du bois sur un tronc... une musique s'élève alors qu'on aperçoit au loin une berline noire - probablement Nazie - s'approcher. Alors que je vois se défiler sur l'écran une scène digne d'un western de Sergio Leone, je m'attends à une mélodie d'Ennio Morricone pour s'accorder au décor, comme la fameuse scène dans Il était une fois dans l'ouest... Pour vous remémorer:



Première surprise: c'est la Lettre à Elise! Et ce premier chapitre démarre le film en trombe!
J'ai adoré le florilège d'accents: le parfait accent du fin fond Tennessee pour Brad Pitt, l'accent british au possible digne de la reine elle-même pour Michael Fassbender... mais le plus drôle c'est ce mixage linguistique: les Allemands parlent Français, les Anglais parlent Allemand, les Français parlent Anglais et les Américains... Italien!! comme des vaches espagnoles, cela va sans dire.

Après nous nageons en plein cliché. Un Hitler hystérique, c'est comme ça qu'on l'aime, un Churchill flegmatique, comment l'imaginer autrement... Puis Daniel Brühl, l'acteur Allemand fétiche (Good Bye Lenin, The Edukators) joue le héros de guerre tombé amoureux de la petite française (avec l'accent schleu!). Diane Kruger est la belle actrice espionne pour les Alliés qui utilise son charme pour détourner l'attention. Mélanie Laurent est la juive française, fière comme pas deux, qui a vu le massacre de sa famille et se tient prête en attendant sa revanche...


Christopher Waltz
campe un Colonel Hans Landa, surnommé le chasseur de Juifs. Cruel, sadique et retors au possible, mais sophistiqué et cultivé, il compare les Juifs à des rats – mais à son sens, ce n'est pas péjoratif, bien entendu.







Brad Pitt
, quant à lui, est le Colonel Aldo Raine, l'américain venu sauver l'Europe de tous ces nazis, un type en mal d'action dans une guerre par trop stratégique à son goût. Il fait partie des types qui en ont vu d'autres (remarquer la cicatrice autour de son cou), les Good Ol' Boys comme on les appelle. Il a constitué une équipe de bras-cassés de Juifs Américains pour terroriser les Nazis par des expéditions punitives sanglantes.



La suite est entièrement de la fiction et n'a aucune valeur historique, alors s'en donner à cœur joie! Il y aura un peu de romance, beaucoup de fusillades, du sang, des flammes, des femmes, des scènes gores inutiles mais indispensables et des trahisons dans tous les sens. De quoi prendre un pied monumental! Et il est clair que Tarantino s'est éclaté à le réaliser.

La bande annonce indique le degré auquel prendre le film:

Plus d'infos sur ce film


Ma scène préférée reste celle de la cave… Un véritable délice !

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